décembre 13, 2019

Délinquance: bilan 2017 et priorités 2018 en Meurthe-et-Moselle

Sécurité intérieure. Le préfet de Meurthe-et-Moselle Eric Freyssenard a dressé à Nancy, vendredi 2 février, le bilan de la délinquance de l'an passé. À la ville comme à la campagne, le bilan 2017 fait état de baisses significatives notamment pour la délinquance financière, mais pointe des augmentations comme celles des violences physiques crapuleuses et les violences sexuelles et conjugales.
Bilan-Delinquance2017
Lieutenant colonel Franck CHAIX, commandant de la section de recherches de la gendarmerie, Gwendal DURAND, colonel commandant le groupement de gendarmerie, François PERAIN, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nancy, Eric FREYSSELINARD, préfet de Meurthe-et-Moselle, François PERAIN, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nancy, Nicolas JOLIBOIS, directeur départemental de la sécurité publique Eric CORDEROT, directeur de la section de recherches de la police judiciaire, Morgan TANGUY, directeur du cabinet du préfet - crédit photo CS - ICI-C-NANCY.FR

Entouré du procureur de Nancy et des patrons de la police et de la gendarmerie, le préfet de Meurthe-et-Moselle, Eric Freyssenard a dressé vendredi le bilan de la délinquance de l'année passée et des actions des forces de sécurité. Une année 2017 marquée par différentes thématiques tels que la lutte contre les stupéfiants et le terrorisme et la baisse de certains types de délinquance comme la délinquance financière. Les chiffres de la délinquance 2017 en Meurthe-et-Moselle. 

Les atteintes aux biens diminuent. Au fil des ans, l’embellie s’est confirmée pour les atteintes aux biens. Les chiffres sont en baisse pour la sixième année consécutive de l’ordre 2,2 % (18 419 faits constatés soit un recul de 415 faits par rapport à 2016). Dans le détail, les cambriolages reculent de 4,57 % (soit 140 faits en moins), tout comme les vols liés à l’automobile avec - 1,5 % (75 faits). Les vols avec violence augmentent légèrement de 0,4 % (18 faits en plus).

FOCUS/ En Zone police, la baisse des cambriolages atteint les 19 % en 3 ans. Une baisse continue accompagnée d’un taux d’élucidation des enquêtes « plutôt flatteur », estime Nicolas Jolibois, Directeur départemental de la sécurité publique. Concernant, les autres vols par effraction, la police souhaite agir en amont notamment lorsqu’ils concernent les dépendances, les caves et garages, ces vols étant souvent commis en série par les mis en cause. Pour faire face à ces actes, la police est en contact avec des bailleurs afin de renforcer la synergie autour de la co-production de sécurité.  

À la campagne, la baisse des cambriolages se fait aussi ressentir, estime pour sa part Gwendal Durand, colonel du groupement de gendarmerie de Meurthe-et-Moselle. La baisse atteint en un an, les 4,7 % pour les vols par effraction commis en zone gendarmerie, -6,5 % pour la baisse des vols d’automobiles et -10 % pour les vols d’engins agricoles en baisse depuis 3 ans. En terme de cambriolages, la gendarmerie reste confrontée à « une délinquance itinérante extrêmement mobile, régionale, voire transfrontalière. Près de 80 % des cambriolages en zone gendarmerie sont réalisés à moins de 5 km autour d’un axe structurant avec une épine dorsale qui est l’A31. », souligne la gendarmerie.

Les violences physiques crapuleuses en hausse. Avec 5621 faits en 2017, les atteintes volontaires à l’intégrité des personnes progressent de 5,8 % (+312 faits) par rapport à 2016. Dans le détail, cette hausse est ressentie surtout en matière de violences physiques crapuleuses (+ 21,9 % soit 67 faits en plus) et les violences sexuelles qui atteignent + 13,47 % (pour 57 faits en plus). Les faits d’atteintes à la personne par chantages et menaces augmentent de 7,3 % (84 faits en plus). Les violences physiques non crapuleuses ferment les statistiques avec une progression de 3 % (soit 104 faits en plus) avec le sujet des violences intrafamiliales. 

 

FOCUS/ En zone police. Les atteintes à la personne restent un « sujet de préoccupation », déclare Nicolas Jolibois citant les violences crapuleuses, les phénomènes de violence en réunion, les bousculades. Parmi les faits de violences physiques non crapuleuses, un chiffre ressort en 2017, celui des menaces de mort, 40 % de ces dernières conduisant à des dépôts de plainte concernaient les personnes dépositaires de l’autorité publique, policiers, pompiers et administration pénitentiaire. 

En zone gendarmerie, les autorités observent également une hausse des violences volontaires, essentiellement des plaintes pour violences et chantages et violences sexuelles concernant les femmes. « On est plutôt dans une forme de résorption d’un chiffre noir », analyse Gwendal Durand. Une hausse statistique traduite par « une démarche très volontariste de la part de la gendarmerie et d'un travail partenarial avec les CCAS, les travailleurs sociaux du conseil départemental pour favoriser ce recueil et traitement de la plainte qui permet d’avoir une meilleure réponse de la société, de mieux accompagner les victimes et travailler sur la prévention de la récidive. »

Police-Pepiniere
Un fourgon de police posté aux abords du parc de la Pépinière à Nancy - photo CS - www.ici-c-nancy.fr
 

Une baisse sensible de la délinquance financière. En 2017, avec 6620 faits, les escroqueries et infractions financières diminuent de 8,5 % (-357 faits) par rapport à 2016. Elles augmentaient en moyenne de 5 % par an depuis 2011. La baisse la plus spectaculaire concerne les falsifications et usages de chèques volés avec -43,24 % (soit 384 faits en moins). Les escroqueries et abus de confiance réduisent de -2,92 % (75 faits en moins). Dans le même temps, les falsifications et usages de cartes de crédit augmentent de 20,84 % (soit 84 faits en plus).

La lutte contre les stupéfiants. Dans ce domaine, les forces de sécurité ont beaucoup travaillé en 2017 multipliant les opérations sur investigations. Ainsi, ce sont 109 opérations qui ont été menées en 2017 soit une hausse statistique de 35,4 %. Ces opérations ont permis la saisie en 2017, de 15,7 kg d’héroïne, 32 armes, 11 kg de cocaïne, 2,9 tonnes de cannabis et 3,3 M€ d’avoirs criminels saisis. 

FOCUS/ En zone police. En écho, à l’appel du procureur de la République à démanteler les trafics de stupéfiants, le directeur départemental de la sécurité publique a rappelé l’engagement des forces de police « qui ne date pas d’hier » et d'un sujet considéré comme une priorité des services notamment dans les quartiers difficiles. Dernier exemple en date, une longue enquête de 8 mois menée en collaboration avec le service régional de police judiciaire qui a permis cet été, le démantèlement d’un vaste trafic de stupéfiants qui s’était développé sur le plateau de Haye. Cages d’escaliers, logements... « Les trafics ne se font plus uniquement à ciel ouvert, mais à ciel couvert.» Citant le Plateau de Haye, « dans ces barres, on sait qu’il y a une omerta pas seulement fondée sur la peur, mais aussi par la complicité de certaines familles, certaines sont bien connues, bien recensées. Le bilan est là, on poursuivra » conclut Nicolas Jolibois.

La police judiciaire de compétence régionale œuvre aussi sur la zone urbaine de la ZSP, la criminalité organisée, les stupéfiants et la délinquance financière. En 2017, sur la ZSP de Nancy les chiffres statistiques évoquent 31 affaires, 85 personnes, une vingtaine de personnes écrouées, 2 armes saisies, 62 000 € liés au trafic de stupéfiants. 

Les quatre grandes priorités 2018Au rang des priorités pour 2018, les autorités évoquent la lutte contre le terrorisme, « un domaine où nous devons rester vigilants d’abord en continuant à protéger les grands évènements, les lieux de culte ».  À ce titre la préfecture rappelle « un travail soutenu hebdomadaire sur les personnes radicalisées ou qui pourraient l’être » et des services très actifs pour prévenir toute forme de dérive à des actes terroristes. Deuxième priorité affichée, le respect de l'ordre public et le renforcement de la sécurité du quotidien à travers le développement annoncé de la Police de sécurité du quotidien (PSQ). Troisième priorité, le contrôle aux frontières dans le cadre d'une coopération transfrontalière toujours plus aboutie et dernier défi celui de l'engagement des cadets de la défense, sécurité civile, gendarmerie et sapeurs-pompiers.  

D'autres objectifs occuperont les forces de sécurité en 2018 avec « la lutte contre les stupéfiants partout et notamment sur le plateau de Haye». Depuis juillet 2017, ce sont 60 opérations de sécurisation qui ont été conduites avec 37 opérations de police judiciaire renforcée qui ont abouti à 51 interpellations pour trafic de stupéfiants. 

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