décembre 11, 2018

Le jardin Paul Verlaine à Nancy labellisé EcoJardin : plus qu’un jardin, un lieu d’observation et d’expérimentations !

Nancy. Récemment distingué en obtenant fin 2014 le très exigeant label EcoJardin pour le jardin Paul Verlaine, le service des parcs et jardins de Nancy a dévoilé en ce mois de mars de nouvelles initiatives pour aller encore plus loin dans ses engagements de développement durable. Le jardin Paul Verlaine devrait ainsi devenir un lieu d'étude et d'observation privilégié pour observer la faune, la flore ou encore la pollution...

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Sur l’ensemble des espaces verts de Nancy composé de dix parcs, quatorze jardins étendus sur près de 239 hectares, l’un d’eux s’est récemment distingué en obtenant fin 2014 le très exigeant label EcoJardin, il s’agit du jardin Paul-Verlaine. Ouvert sur l’avenue Boufflers et la rue du même nom, ce jeune jardin de 5632 m2 créé il y a tout juste 10 ans au cœur du quartier Poincaré-Foch-Anatole France, recèle bien des trésors de savoirs-faire en matière d’écologie urbaine. Son histoire est d’abord liée à une entreprise puisque son emprise fût d’abord celle des anciens dépôts des bus nancéiens, la CGFTE, pour évoluer et devenir ensuite un jardin dont la thématique s’inspire d’un conte de Charles Perrault à savoir celle du Petit Poucet. Pour en percer ses secrets, il faut d’abord observer les indices semés : des dalles circulaires pour évoquer les petits cailloux qui mènent les visiteurs à une esplanade composée de bouleaux représentant la forêt ou encore à l’aire de jeux où l’ogre de l’histoire se dévoile sur le sol amortissant. Un jardin linéaire marqué par une succession d’architectures végétales qui se dévoile selon des secteurs symboliques à travers un jardin potager, composé en réalité de plantes vivaces ou encore d’une allée des fruitiers où l’on retrouve des arbres d’ornement.

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Zéro Phyto à Nancy

Au-delà de ces aspects, c’est bien le système de fonctionnement de ce jardin respectueux de l’environnement qui a été apprécié, tout y est presque écoconçu pour permettre un meilleur respect de l’environnement et un travail efficace et durable des jardiniers. Pour valoriser son engagement durable, une véritable réflexion a été menée par les services des parcs et jardins sur l’entretien de ses espaces à commencer par la mise en place sur le jardin d’une gestion différenciée de ses espaces, mais également par un choix des végétaux adaptés au climat lorrain et économes en eau avec « un travail important en amont » confie Pierre Didierjean, directeur et parcs des jardins de la ville de Nancy. Ainsi sur les 7000 végétaux présents, pas de plantes annuelles, mais bisannuelles, des arbustes, des prunus accolade (cerisiers du japon), des etulas utilis jacquemontii (bouleau d’Himalaya) en passant par un Lonicera purpusii (un chevrefeuille d’hiver). Autre point important, l’arrosage ultra maitrisé, car quasiment inexistant est rendu possible sur ce jardin grâce à de nombreuses astuces adoptées comme celle d’un système de récupération des eaux pluviales en passant par du paillage au pied des arbres des déchets verts exploités pour la plupart dans le parc (pour éviter les transports). Les efforts du service des Parcs et Jardins ne s’arrêtent pas là, parmi les autres initiatives vertes et écolos, on notera également l’implication de Nancy avec son "Zéro Phyto" respectée depuis 2005. Les jardiniers n’utilisent effectivement plus de pesticides dans les espaces verts depuis dix ans. Évidemment, zéro pesticide est synonyme de nouvelles pratiques « En 2005, il fallait 62 heures à la parc de la Pépinière pour appliquer un produit chimique dans les 92 000 m2 d’allées et aujourd’hui, il en faut 1450, avec binette, huile de coude et gaz. Sans personne supplémentaire, mais avec une nouvelle façon de gérer les espaces », souligne Pierre Didierjean. Autant d’éléments qui ont compté pour l’obtention du label et conduit à des résultats positifs de l’audit réalisé par Plante & Cité, organisme décernant le label pour vérifier au jardin Paul Verlaine que les 150 critères exigés étaient respectés parmi lesquels la gestion de l’eau, la faune et la flore, le sol, la structure et l’intégration du site, les équipements et matériaux utilisés, la formation des agents de la Ville travaillant sur site ou encore la sensibilisation du public.

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Un cercle vertueux et des études transversales 

Sur les 221 sites labellisés ÉcoJardin, trois sont situés en Lorraine à savoir le Parc de la Seille à Metz (57), le sentier des Colvert à Cornimont (88) depuis 2012 et enfin le jardin Paul Verlaine à Nancy. À Nancy, l'obtention du label a déjà impulsé de nombreux partenariats pour favoriser la connaissance et ainsi initier toujours plus de pratiques vertueuses. Des rapprochements qui se concrétiseront sur le terrain avec l’Université de Lorraine qui mènera au Jardin Paul Verlaine comme au Parc Sainte Marie, dans un esprit de sciences participatives, un travail sur la biodiversité, mais également avec Air lorraine qui devrait débuter prochainement une étude sur la qualité de l’air avec des expériences sur les lichens et les mousses bio-indicatrices. Les services des Parcs et jardins pourront également compter sur l'aide de la FREDON Lorraine qui mènera une réflexion sur la potentielle introduction de plantes sauvages, de L’Inra-Ensaia qui réalisera des prélevements de sols avec un suivi sur trois ans ou encore avec l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, qui a déjà permis à la Ville de créer un emploi d’animateur nature. « À Nancy, il existe une force, c’est le potentiel universitaire et ce potentiel universitaire, on veut l’appliquer dans notre gestion quotidienne » résume Stéphane Harter, chargé de projet et de communication des Parcs et Jardins de Nancy. Au delà de Nancy, « le label est un moyen de créer un réseau avec d’autres villes, d’échanger des expériences, des techniques, des regards. C'est aussi, une vocation du ciel vers le sous-sol et d'une vision transversale pour partager des connaissances, des idées, des moyens, une dynamique », souligne pour sa part Marie-Catherine TALLOT, adjointe au maire déléguée au Cadre de Vie, à la Santé, à la Nature en Ville et aux Parcs. 

De nombreux projets

Une dynamique verte qui n’est pas prête de faner à Nancy car les projets ne s’arrêteront pas là, ces champions de l’écologie urbaine envisagent encore bien d’autres réalisations. À terme, d’autres espaces verts de Nancy sont appelés à être labellisés, ce sera le cas du parc Sainte-Marie qui présentera sa candidature ces prochaines semaines pour l’obtention du label ÉcoJardin puis sera suivi ces prochaines années par la Pépinière ou encore le parc Charles III. Pour l’heure, les Nancéiens ont également rendez-vous avec la biodiversité à travers des ateliers encadrés par le service des parcs et jardins avec « les mardis aux serres » pour jardiner avec les jardiniers et des manifestations comme « Nature en fête » au parc Sainte-Marie, les 2 et 3 mai prochains, « Pépinière en Vert » les 5 et 6 septembre ou encore le très médiatisé Jardin Éphémère sur la Place Stanislas du 26 septembre au 1er novembre...

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