septembre 22, 2019

INSEE : Nancy 3ème "ville étudiante" de France

En 2008, près de 82 000 étudiants vivent en Lorraine. Les femmes constituent plus de
la moitié de cette population étudiante.
Neuf étudiants sur dix résident dans une aire urbaine, là où se trouvent les universités
et les écoles. Les pôles universitaires de Nancy et de Metz, notamment, regroupent
les deux tiers des étudiants lorrains. Nancy, par la densité d’étudiants dans sa
population, se classe au troisième rang des aires urbaines françaises.
La Lorraine compte 32% d’étudiants boursiers, ce qui en fait la septième région la
plus aidée parmi les régions françaises. En Lorraine, 18 600 étudiants, soit un quart
d’entre eux, sont contraints de cumuler études et emploi en raison de ressources
insuffisantes.
La Lorraine se distingue par de faibles migrations résidentielles avec les autres régions
métropolitaines et une forte attractivité sur les étudiants venant de l’étranger.
À l’horizon 2020, la baisse démographique attendue pourrait aboutir à une diminution
de 1 100 étudiants, malgré le renforcement du taux  de bacheliers. Toutefois, la
reconnaissance, en 2012, de l’Université de Lorraine parmi les douze sites français
d’excellence, pourrait entraîner une augmentation du nombre d’étudiants de 2
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et 3
e
cycles, notamment étrangers.

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L'Insee publiait ce mardi une étude consacrée aux étudiants en Lorraine à travers une enquête qui souligne les spécificités de la région ainsi que ses pôles d’attraction...

 

 


L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) vient de faire paraître les conclusions de son enquête portant sur les étudiants lorrains et sur le défi de ces prochaines années : le renforcement de l'attractivité. Le portrait de l'étudiant lorrain établi par l'INSEE est peu différent du portrait national à part quelques spécificités : l'étudiant privilégie les filières courtes dans notre région et fait partie aussi des régions les plus aidées (au 7ème rang) avec 32% d’étudiants boursiers. L'INSEE souligne aussi les faibles migrations résidentielles avec les autres régions métropolitaines et une forte attractivité sur les étudiants venant de l’étranger. 

En région les étudiants boudent l'enseignement supérieur au profit des filières courtes

En moyenne les 81 800 étudiants résidant en Lorraine affichent un âge moyen de 21 ans, situant la région au troisième rang des régions de métropole les plus jeunes (avec 18,1% de 16-29 ans dans la population). Parmi ces jeunes, 19% poursuivent leurs études, contre 20,5% en France et 19,5% en province révèle l'INSEE qui indique que le taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur est plus faible en Lorraine qu’au niveau national.

En cause, l'attrait régional des baccalauréats technologiques ou professionnels, les étudiants choisissant plus fréquemment qu’en métropole les filières courtes et s'insérant en moyenne plus tôt dans la vie active.

Deux tiers des étudiants lorrains habitent à Nancy et à Metz

En Lorraine, 89% des étudiants résident dans une aire urbaine. Ce regroupement à proximité des villes est étroitement lié à la localisation des universités et des écoles. Les étudiants qui quittent le domicile parental recherchent la proximité du lieu d’enseignement et les aménités urbaines. Les établissements des aires urbaines concentrent sur leur lieu d’études 96% des étudiants de la région. L’attractivité d’un territoire sur les étudiants repose en premier lieu sur l’offre de formation et la proximité géographique du lieu d’enseignement. Sans surprise, les deux grands pôles universitaires de Nancy et Metz captent les deux tiers des étudiants lorrains. 

Après Poitiers et Montpellier, et avant Grenoble et Rennes, Nancy se positionne au 3ème rang des aires urbaines françaises en termes de densité d’étudiants (10,2 étudiants au lieu d’études pour 100 habitants). Avec une densité deux fois moindre, Metz se situe au 32ème rang. L’ensemble des établissements supérieurs des aires urbaines de Nancy et Metz regroupent plus des trois quarts des étudiants lorrains, soit respectivement 42 800 et 22 200 étudiants. Dans la zone de recrutement de Nancy, plus étendue que celle de Metz, les étudiants vivent plus souvent en dehors de la cellule familiale.

Des messins sédentaires

En Lorraine, la répartition des modes de cohabitation est très hétérogène selon les aires urbaines. À Metz, plus d’un étudiant sur deux vit au domicile parental alors qu’à Nancy, cela concerne moins d’un étudiant sur trois. La proximité entre la résidence parentale et le lieu d’études explique principalement cette situation.  Au sein des universités de Nancy 1 et Nancy 2, seulement 45% des inscrits demeurent en Meurthe-et-Moselle, dans le département du logement parental. Une disparité dans les modes de résidence des étudiants entre les deux villes universitaires expliquée par l'INSEE comme fortement induite par la structure de l’offre de formation de leurs établissements. À Nancy, les écoles d’ingénieurs de l’université Henri-Poincaré (Nancy 1) et de l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL) recrutent sur un territoire plus vaste, le recrutement se faisant par voie de concours national. Par ailleurs, Nancy, ville universitaire traditionnelle, possède un éventail de formations plus large que Metz, dont l’université est plus récente. Par exemple, Nancy offre des formations médicales, absentes à Metz (Depuis la rentrée 2011, des étudiants de première année du cursus santé sont délocalisés sur Metz.). L'âge est aussi un facteur important et s’ajoute au phénomène de proximité. L'insttut révèle que l’aire urbaine de Nancy accueille une proportion d’étudiants de 24 ans ou plus supérieure de 2 points à celle de Metz.

Les étudiants de l’aire nancéienne vivent majoritairement en logement indépendant. Plus d’un tiers de l’ensemble des étudiants de la zone y résident seuls. En outre, les choix du mode de cohabitation et du logement sont largement tributaires de l’offre environnante.

Proportion élévée de boursiers

Avec 32% d’étudiants boursiers en 2010, la Lorraine se classe au 7ème rang des régions les plus aidées. Les bourses sont attribuées à partir de critères sociaux identiques pour l‘ensemble des régions. Depuis l’année scolaire 2011/2012, un 10ème mois de bourse est octroyé aux étudiants dans un souci d’équité sociale. Les étudiants âgés de 18 à 22 ans sont ceux qui disposent le plus fréquemment de bourses. Cette tranche d’âge regroupe 85% des boursiers et 75% des étudiants.La proportion de boursiers dans une région est révélatrice de l’importance des familles modestes. Au lieu d’études, les Vosges détiennent le taux de boursiers le plus élevé en Lorraine avec 37,4%. La Meurthe-et-Moselle et la Moselle se situent dans la moyenne de la région. La Meuse est moins concernée avec seulement 26,1% de boursiers. L’aire urbaine de Nancy comptabilise 14 000 boursiers, celles de Metz et Épinal respectivement 6 700 et 1 000 boursiers.Les étudiants disposent au maximum de trois types de ressources : des versements parentaux, des aides de la collectivité et des rémunérations d’activité. L’octroi d’aides financières de la collectivité et l’accès à des logements peu coûteux (cité universitaire, foyer d’étudiants, HLM) permettent un rééquilibrage des moyens pour les familles modestes. Lorsque les ressources fournies par les parents et la collectivité ne suffisent pas, certains étudiants sont contraints de travailler parallèlement à leurs études.

Un quart des étudiants travaillent

En 2008, en Lorraine, 18 600 étudiants cumulent études et emploi, c'est moins que la moyenne nationale mais cette part des étudiants en emploi s’élève avec l’âge. Entre 18 et 24 ans, deux étudiants lorrains sur dix travaillent, contre cinq sur dix après 25 ans estime l'INSEE. Par ailleurs, la responsabilité familiale de l’étudiant est déterminante de l’exercice d’une activité. La probabilité de travailler, pour les étudiants en couple ou ayant un enfant à charge, est deux fois supérieure à celle des autres catégories d’étudiants (46% contre 20%). Les étudiants de nationalité étrangère cumulent moins fréquemment études et emploi (dans seulement 17% des cas).

Faibles échanges avec les autres régions

En 2008, la grande majorité des étudiants (84%) qui vivent en Lorraine y habitaient déjà cinq ans auparavant. Le taux de migrations résidentielles des étudiants entre la Lorraine et le reste du territoire métropolitain est parmi les plus faibles. Avec l’Alsace, la région se situe au 4ème rang des régions les plus stables en termes de population étudiante. Sur cinq ans, la Lorraine perd 1 700 étudiants au jeu des migrations avec les autres régions de métropole (-0,4% par an). Néanmoins, le rapport entre les arrivées et les départs est moins défavorable pour les étudiants que pour les jeunes de 16 à 29 ans ou l’ensemble de la population lorraine. Le phénomène de migrations résidentielles des étudiants aboutit sur un quinquennat à un gain de 3 200 étudiants dans l’aire urbaine de Nancy et à une perte de 400 étudiants dans l’aire de Metz.

Moins d'étudiants en 2020 ?

L'Insee s'est livrée à une projection dans 8 ans, selon l'institut à l’horizon 2020, le nombre d’étudiants de l‘académie de Nancy-Metz pourrait diminuer de 1 100 (hors écoles). Cette projection émane d’un scénario tendanciel réalisé par le Rectorat à partir d’hypothèses sur l’évolution de la population scolarisée, estimée à partir de l’évolution démographique pour les classes d’âge correspondantes. Toutefois, ce modèle ne prend pas en compte les flux migratoires des étudiants et la reconnaissance, en 2012, de l’Université de Lorraine parmi les douze sites français d’excellence qui pourrait entraîner une augmentation du nombre d’étudiants de 2e et 3ecycles, notamment étrangers.

Pour télécharger Insee n° 272 (mars 2011), utiliser le lien ci-dessous (PDF).

Liens complémentaires :
http://www.insee.fr/fr/insee_regions/lor/themes/EL/EL272/EL272.pdf

 

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Dernière modification le mercredi, 14 décembre 2011 11:05

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