septembre 15, 2019

Dieudonné au Zénith de Nancy : 3300 spectateurs pour « Asu Zoa »

GRAND NANCY. Pour sa deuxième représentation autorisée en province, Dieudonné était au Zénith de Nancy avec un nouveau spectacle intitulé « Asu Zoa ». La barre des 3000 spectateurs a été atteinte et même dépassée, prochaine représentation ce soir à Metz.
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Les billets du spectacle "Le Mur" ont été échangés avant le début du spectacle - crédit photo www ici c nancy fr

Les autorités et les services de l’État étaient sur le pont samedi soir pour la représentation du spectacle « Asu Zoa » à Nancy.  Bénéficiant d’une publicité exceptionnelle et d’un dispositif de sécurité inédit pour un tel spectacle, la représentation était appuyée par la présence de deux huissiers encadrés par des policiers. Sans surprise, la barre des 3000 spectateurs avancée mercredi lors d’une conférence de presse à la communauté urbaine du Grand Nancy a été dépassée (Notre article le spectacle de Dieudonné sous haute surveillance). Dès 18 heures, ils étaient plusieurs milliers de spectateurs à converger vers la salle de concert sous la surveillance discrète des CRS. Vers 18 h 20 déjà deux files importantes se constituaient à l’entrée du Zénith. Dans une ambiance calme, un public très éclectique s’installait, parmi eux beaucoup de jeunes en majorité entre 20 et 30 ans, mais aussi de nombreux quadragénaires et même au-delà...

Dès 20 h 30, deux écrans géants diffusant des petits sketchs débutent, au même moment, en costume gris foncé, Dieudonné se présente devant ses fans sous un tonnerre d’applaudissements. Sur la scène, le décor du précédent spectacle interdit n’a pas changé avec notamment la présence du fameux mur. Rapidement l’humoriste a évoqué la singularité de la représentation en mentionnant la présence des huissiers sifflés et hués par le public tout comme le seront plus tard Manuel Valls ou le préfet de Meurthe-et-Moselle. Par ailleurs pas question de photographier le spectacle avec son smartphone, sous peine de se voir désigner par un laser rouge.

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3300 spectateurs ont convergé vers le Zénith de Nancy - crédit photo www ici c nancy fr

Les provocations restent, les passages les plus choquants du « Mur » enlevés

Les sketches s’enchaînent, l’humoriste évoque la censure, ses déboires judiciaires, la franc-maçonnerie, les combattants africains, l’ingratitude de la France coloniale, les pédophiles satanistes ou encore l’adoption homosexuelle en Afrique avec un couple de français qui vient y « acheter » un enfant. Le show-man maîtrise sa représentation, préférant des silences appuyés, des sous-entendus compris par le public pour éviter les dérapages. Applaudissements nourris. Autre cible en vue pour Dieudonné, les médias avec la chaîne d'information « BFM tivi » qu’il tourne en dérision avec un sketch sur la fin du monde. Quelques personnalités sont pointées du doigt et récoltent des sifflets comme Alain Jakubowicz, président de la Licra, Patrick Cohen, Christiane Taubira, Patrick Timsit ou encore son ancien compagnon Élie Semoun.

Avant de finir sa représentation 1 h 20 plus tard, et après quelques quenelles en hommage à Romain un fan décédé d’un cancer généralisé en 2012, Dieudonné a entonné son « hymne », la chanson des quenelles sous l’air du chant des partisans, un chant repris par un public aux anges qui saluera le spectacle debout sous de forts applaudissements. 

Comme prévu, la vidéo du spectacle sera transmise par les huissiers à Henri Bégorre, maire de Maxéville et André Rossinot, président de la communauté urbaine du Grand Nancy qui constateront si l’humoriste est resté dans les clous. Si les DVD du spectacle « Le Mur » n’ont pas été mis en vente dans l’enceinte du Zénith, quelques tee-shirts à l'effigie de l'humoriste étaient disponibles pour les fans. Ce soir direction la Moselle pour Dieudonné qui donnera son spectacle aux Arènes de Metz. 

Les fans de Dieudonné après le spectacle...par ici-c-nancy.fr

À la sortie du Zénith, les conversations vont bon train, Stéphane 34 ans, chauffeur livreur de profession estime le spectacle : « très édulcoré, il fallait décrypter certaines choses » regrettant « un survol dans le spectacle Asu Zoa de certains thèmes comme la pédophilie ». Sylvie 51 ans est venue pour une autre raison, poussée par la curiosité et outrée par la décision du Conseil d’État et décidée de « (se) faire (elle)-même une idée de l’artiste ».   

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