novembre 21, 2019

Spécial législatives 2017 : cinq questions à Grégoire Eury (FN)

gregoireeury 2017Législatives 2017- A quelques jours du premier tour des élections législatives, nous avons posé cinq questions communes aux candidats de la première et deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle. Nous poursuivons avec Grégoire Eury, candidat FN dans la 2e circonscription de Meurthe-et-Moselle (Jarville-la-Malgrange, Laxou, Nancy-Ouest, Vandœuvre-lès-Nancy-Est, Vandœuvre-lès-Nancy-Ouest )

Présentation

Je suis vosgien d’origine, installé à Nancy depuis plus de 30 ans. Je travaille à la CCI de Meurthe-et-Moselle dans le conseil aux entreprises. Je suis élu conseiller régional depuis 2015 dans le Grand Est. Je siège aux commissions « Economie » et « Innovation » qui sont deux de mes principaux centres d’intérêt. A titre personnel je suis marié et j’ai deux petites filles. Je suis rentré en politique relativement récemment puisque c’était à l’occasion des élections municipales de 2014 à Nancy.

Sur le plan national, quelles sont les idées que vous comptez défendre ?

En tant que député, j’ai plusieurs items qui m’intéressent plus particulièrement. D’une part les problématiques d’identité qui aujourd’hui sont mises en cause par un certain islam politique, je ne parle pas de la religion, mais bien d’un mouvement politique dont on voit certains avatars dans la presse par l’intermédiaire d’éléments tragiques. C’est une priorité qui est liée à l’identité sur du long terme et sur du très court terme c’est la sécurité de nos concitoyens. Je pense que la première des libertés c’est la sécurité. C’est la base du contrat social qui lie les citoyens à l’autorité gouvernementale et mon objectif c’est de renforcer cette sécurité. Tout en préservant évidemment les libertés.

Sur un terme un peu plus long, je veux rendre à nos concitoyens la fierté d’être Français et le sentiment que l’on vit dans un pays fantastique qui est plein d’opportunités qui est un pays accueillant et qui peut leur donner beaucoup d’espoir. On a trop le sentiment aujourd’hui du désespoir que la France est un pays au bout du rouleau en décroissance. Cela me désole, je pense au contraire que la France est un pays qui a énormément de ressources et qu’il a la possibilité de rester le grand pays qu’il a toujours été dans l’histoire. Voilà des choses très concrètes et des choses plus idéalistes.

Comment ? En travaillant sur des choses très basiques, tout d’abord sur l’emploi. Quand on a des problématiques au quotidien, il est très difficile de se projeter dans l’avenir. On a des millions de concitoyens qui sont privés d’emplois. L’objectif c’est de leur en retrouver un. Je suis très ouvert sur l’entreprenariat, sur les problématiques des nouvelles technologies qui permettent de créer soi-même sa propre activité voir la pluriactivité qui tend à se développer et qui donne une polyvalence intellectuelle, une souplesse dans le fonctionnement et qui permet d’avoir une vie de famille à coté avec des horaires de travail plus souples. Il y a une immense opportunité que nous devons saisir. Deuxième élément à mettre en place sur moyen-long terme, c’est l’éducation. C’est basique, mais Victor Hugo disait : « Ouvrez une école, vous fermerez une prison. » Malheureusement aujourd’hui on ouvre énormément de prison, car on manque de place. Moi je préfèrerai que l’on manque de place dans nos écoles. Cela concerne aussi la famille, car c’est elle qui la doit et pour cela je voudrais responsabiliser les parents dans l’éducation de leurs enfants. Une population mieux formée, plus éduquée trouvera plus facilement un emploi.

Les candidats du Front National sont des candidats d’opposition pas de gouvernement. Nous serons plutôt là pour nous opposer à un gouvernement ultra-libéraliste qui tend, on le sent dans les futures réformes, à écraser le plus faible au profit de l’argent. Nous serons attentifs à faire sonner une voix dissonante, discordante face à un discours uniforme, gauche-droite, et la vraie opposition sera incarnée par le Front National.

Quel est votre programme pour votre circonscription ?

On a des problématiques locales qui découlent de problématiques nationales. Je faisais le point hier avec des responsables des forces de l’ordre. Vous avez suivi hier la grève des trams et des bus qui font suite à des caillassages réguliers de ces bus depuis quelques jours.  Il faut que cela cesse ! Il faut traiter l’origine du mal, c’est un délit, c’est interdit et il faut que la loi s’applique. C’est très local tout cela, c’est les poubelles qui brulent à Jarville la semaine dernière, ce sont des choses qui pourrissent la vie de nos concitoyens, mais cela découle de problématiques qui sont nationales. 

J’ai rencontré les agriculteurs meurthe-et-mosellans la semaine dernière et ils ont un grave problème sur les revenus agricoles, car il y a des conditions climatiques qui viennent aggraver une tendance lourde à la diminution de ces revenus. On voit certains agriculteurs avec des revenus inférieurs à 500 euros par mois. Pour des gens qui travaillent, ça ne me semble pas admissible. Il y a une réforme nécessaire à faire au niveau national avec un regard très particulier sur la Meurthe-et-Moselle qui est dans une situation dramatique.

Quelles sont vos propositions pour la moralisation de la vie politique ?

Je parlais d’éducation tout à l’heure. Quand on éduque bien, on a des gens qui sont bien élevés. L’instinct animal qui fait  que toute personne dotée d’un certain pouvoir tend à en abuser devrait normalement être contrôlé par une bonne éducation. Un pays qui a une force morale, des élites éduquées, des élites avec un idéal, c’est un pays qui doit prospérer. Aujourd’hui on tend plutôt à l’inverse, c'est-à-dire que l’on a des gens qui se lancent en politique, non pour le bien des autres, mais pour leurs propres avantages. Je trouve cela extrêmement dommageable. Alors, si il y a une moralisation de la vie politique, tant mieux, on ne peut que la souhaiter. Je pense que c’est un facteur important du désintérêt pour la vie politique de nos concitoyens et cela est réellement dramatique.

La limitation des mandats c’est une bonne chose, par contre le non-cumul des mandats qui empêche les députés-maires l’est moins. Un député qui est maire d’une petite commune peut donner quelque chose d’assez performant. De toute manière la loi se contourne, je me souviens de Poutine qui, ne pouvant plus être président, s’est retrouvé premier ministre avant de revenir à son ancien poste. Il faut surtout que nos élus rendent des comptes à leurs électeurs. Dans mon programme je m’engage, comme on peut le faire en culture d’entreprise, à rendre des comptes. Ce serait bien que les électeurs soient consultés régulièrement sur certains sujets pour connaître leurs propositions. Si l’on s’engage sur quelque chose que l’on ne fait pas, on devrait démissionner. Je pense que cela serait sain pour notre vie politique.

Quel est votre regard sur les premiers pas d'Emmanuel Macron et de son premier ministre Edouard Philippe ?

Comme beaucoup de Français après les élections, j’ai un peu mis de côté les chaines d’informations à cause d’une certaine saturation. Néanmoins en termes de marketing, cela m’a beaucoup intéressé. On est sur un vrai « market’ » de produit, on a suscité l’intérêt, la surprise, on a créé l’évènement. On a surpris avec un premier ministre de droite après avoir laissé fuité son nom pour voir si il y avait une approbation… Cela me semble extrêmement bien construit. On est dans la tactique, la stratégie, la réflexion avec, je pense, d’excellents conseils avec des gens expérimentés dont c’est le métier et que l’on a les moyens de payer dans l’équipe Macron. Je suis un peu plus inquiet sur ce que l’on appelle la conduite. Là c’est de la planification : on a pris les premiers jours du quinquennat Hollande et on a fait le contraire. Dans la conduite, c'est-à-dire face à des évènements non programmés que l’on n’a pas prévus je suis beaucoup plus sceptique sur la capacité de ce gouvernement qui ne veut pas s’engager fermement sur un certain nombre de sujets. Je pense à la lutte contre terrorisme par exemple. Il y a eu aujourd’hui la nomination des responsables de la DGSI et de la DGSE et ce sont des gens bien en accord avec le pouvoir. 

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