septembre 16, 2019

Spécial législatives 2017 : cinq questions à Jacques Lacreuse (LO)

LacreuseLégislatives 2017- A quelques jours du premier tour des élections législatives, nous avons posé cinq questions communes aux candidats de la première et deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle. Nous poursuivons avec Jacques Lacreuse, candidat Lutte Ouvrière (LO) dans la 2e circonscription de Meurthe-et-Moselle (Jarville-la-Malgrange, Laxou, Nancy-Ouest, Vandœuvre-lès-Nancy-Est, Vandœuvre-lès-Nancy-Ouest ).

Présentation 

J’ai 65 ans, j’ai deux fils de 31 et 40 ans, et j’habite à Vandoeuvre. Dès 1968, j’ai été apprenti dans l’imprimerie, où j’ai connu les longues journées de travail, et découvert concrètement ce qu’est l’exploitation d’un jeune travailleur. Puis j’ai travaillé dans l’industrie et le commerce jusqu’en 1982, année de mon entrée à l’hôpital comme auxiliaire de puériculture, puis en tant qu’éducateur de jeunes enfants à partir de 1990. A l’hôpital, j’ai pris conscience de la nécessité d’un service public pour toute la population, et j’ai vu de près les conséquences dramatiques des restructurations dans la santé. J’ai milité au CHU, avec les camarades de mon syndicat. J’ai aussi participé à la vie associative à Vandoeuvre. Je milite à Lutte Ouvrière depuis 1995. J’ai été conseiller municipal Lutte Ouvrière de 2008 à 2014.

Sur le plan national, quelles sont les idées que vous comptez défendre ?

Au plan national : tout d’abord je ne sépare pas les questions qui se posent à nous ici en France de tous les problèmes extrêmement graves qui se posent aux travailleurs dans tous les pays.

Le chômage, la misère qui s’étend partout... ces réalités ne connaissent pas de frontières, alors que dans toutes les sociétés, nous créons par notre travail de plus en plus de richesses. Il ne suffit pas de constater la concentration des richesses et du pouvoir politique et économique entre les mains d’une minorité ; il faut prendre conscience que les travailleurs n’ont pas d’autre solution que leurs luttes collectives, conscientes, réfléchies et de grande ampleur pour non seulement se défendre, mais aussi pour commencer à contester le pouvoir exorbitant des grands groupes capitalistes. Les progrès scientifiques et techniques sont réels ; la productivité augmente... Mais le capitalisme en crise ne parvient pas à répondre aux besoins, souvent même les plus élémentaires, de ceux qui font que tout fonctionne dans la société, et dont le travail permet l’enrichissement des classes riches minoritaires.

Quel est votre programme pour votre circonscription ?

C’est ce qui m’amène à notre programme ! C’est un programme de luttes, qui s’adresse aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes, aux retraités de toutes les circonscriptions, de tous les départements, qu’ils aient le droit de vote ou qu’ils en soient privés comme c’est le cas pour beaucoup de travailleurs étrangers.

Il n’y a pas de différence fondamentale d’une région à l’autre, mais seulement des nuances. C’est partout que se pose la question du chômage, celle des bas salaires et des retraites de misère, celle de la défense par les travailleurs de leurs intérêts matériels et moraux, celle de la conquête de nouveaux droits. Et nous mettons en avant la perspective du renversement du capitalisme. C’est, avec la nécessité de luttes solidaires, la meilleure manière de répondre politiquement à ceux qui détournent la colère des milieux populaires, à ceux qui font de la xénophobie leur fonds de commerce, à ceux qui cherchent à diviser les travailleurs selon leur origine, leur religion, leur statut, leur nationalité, à ceux qui opposent les pauvres entre eux.

Notre programme est communiste, révolutionnaire, et nous sommes internationalistes. Nous refusons le protectionnisme qui met en concurrence les travailleurs des différents pays. Nous dénonçons l’impérialisme et ses guerres, et les principales puissances capitalistes qui sèment l’horreur et le chaos pour maintenir leur domination et le droit au pillage des pays pauvres par les multinationales. Et ici même, nous affirmons la réalité vécue par les migrants face aux mensonges de l’extrême droite : fuyant la misère, la guerre ou la dictature, ils subissent des mois de traversée dans des conditions terribles, et arrivés en Europe, leur calvaire continue. En France, le gouvernement les bloque aux frontières, les parque dans des camps indignes... quand il ne les fait pas chasser à coups de matraque. Heureusement, il y a la solidarité d’une partie de la population.

Avec les 533 candidats de Lutte Ouvrière, je défends le programme que Nathalie Arthaud a popularisé pendant la campagne présidentielle : l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans baisse de salaire ; l’augmentation des salaires et des pensions, en les indexant sur l’augmentation réelle du coût de la vie ; le contrôle des comptes des entreprises et la levée du secret des affaires ; l’argent public pour les services publics. Ce sont les seules mesures susceptibles de protéger les classes populaires de la crise du capitalisme. Pour les imposer, les travailleurs ne pourront compter que sur leur mobilisation et sur leurs armes de classe, les grèves et les manifestations.

Quelles sont vos propositions pour la moralisation de la vie politique ?

Nous l’avons vu au cours des dernières années, et notamment après la crise de 2008, il n’y a pas de frein à la folie d’un système qui a érigé le profit en loi, aucun frein à la course en avant du capitalisme, et cela tant que le pouvoir de décision est aux mains de ceux dont l’intérêt est opposé à celui des travailleurs. De la même manière qu’il n’y a pas de règles contraignantes pour arrêter vraiment la spéculation — elle est repartie de plus belle — ni de contraintes pour combattre la fraude et l’évasion fiscales, il n’y a pas non plus de réelle moralisation de la vie publique. Il y a seulement une agitation qui vise à faire croire que tout va changer. Mais la réalité du pouvoir n’est ni dans les ministères ni au Parlement. Elle est dans les conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse. Le personnel politique entretient les meilleures relations avec les grands patrons, et quelques-uns possèdent eux-mêmes les grands médias. Le gouvernement gère l’État au mieux des intérêts des grandes entreprises capitalistes. Ce sont elles qui dictent aux ministres la politique qui leur convient. Il n’y a pas de morale à attendre des partis au pouvoir, des anciens et de ceux qui ont rénové la façade, parce qu’ils défendent les intérêts d’une société capitaliste qui est elle-même sans morale.

Quel est votre regard sur les premiers pas d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Édouard Philippe ?

Nous connaissons ces politiciens, pas si nouveaux qu’ils le prétendent, et nous voyons leur programme ; ce qui a été entrepris sous Sarkozy et Hollande va se poursuivre en plus grave ; ayant déjà connaissance, sans surprise, des projets de ce président et de ce gouvernement, nous n’avons rien de bon à en attendre. Le programme est connu : préparer une 2e loi travail, en plus dur ; supprimer 120 000 postes de fonctionnaires ; économiser 60 milliards sur les services publics ; légaliser les accords qui casseront la durée légale du travail ; aggraver la flexibilité et la précarité ; accroître les pressions sur les chômeurs. Macron veut aller vite, légiférer par ordonnances. Il a été soutenu par tout ce que le pays compte de grands patrons qui rêvent d’intensifier la guerre sociale qu’ils mènent contre nous. Ils attendent un retour sur investissement.

Nous voilà prévenus ! Mais de Juppé en 1995 à Villepin en 2006, bien des gouvernements de combat ont dû ravaler leurs projets devant la mobilisation des travailleurs.

Les 6 circonscriptions de Meurthe-et-Moselle regroupent les cantons suivants... Nancy-Est, Nancy-Nord, Nancy-Sud, Malzéville, Saint-Max, Seichamps (1re circonscription) ; Jarville-la-Malgrange, Laxou, Nancy-Ouest, Vandœuvre-lès-Nancy-Est, Vandœuvre-lès-Nancy-Ouest (2E circonscription) ; Audun-le-Roman, Briey, Herserange, Longuyon, Longwy, Mont-Saint-Martin, Villerupt (3e circonscription) ; Arracourt, Baccarat, Badonviller, Bayon, Blâmont, Cirey-sur-Vezouze, Gerbéviller, Lunéville-Nord, Lunéville-Sud, Saint-Nicolas-de-Port, Tomblaine (4e circonscription) ; Colombey-les-Belles, Domèvre-en-Haye, Haroué, Neuves-Maisons, Thiaucourt-Regniéville (sauf communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad et Vandelainville), Toul-Nord, Toul-Sud, Vézelise (5e circonscription) ; Chambley-Bussières, Conflans-en-Jarnisy, Dieulouard, Homécourt, Nomeny, Pompey, Pont-à-Mousson, communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad, Vandelainville (issues du canton de Thiaucourt-Regniéville) (6e circonscription)

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