novembre 12, 2019

Spécial législatives 2017 : cinq questions à Nordine Jouira (France Insoumise)

Législatives 2017- A quelques jours du premier tour des élections législatives, nous avons posé cinq questions communes aux candidats de la première et deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle. Nous poursuivons avec Nordine Jouira, candidat France Insoumise (FI) dans la 1e circonscription de Meurthe-et-Moselle (Nancy-Est, Nancy-Nord, Nancy-Sud, Malzéville, Saint-Max, Seichamps). 

NJ-1038

Présentation

J’ai 36 ans, je suis natif des Vosges (Remirmont), j’habite Nancy depuis 2000. J’ai fait mes études sur le campus de droit et suis titulaire d’un diplôme de master 2 en droit des organisations de l'économie sociale. Je suis actuellement directeur d'une association solidaire qui œuvre en faveur de l'amélioration du cadre de vie et des conditions d'habitat. Nous travaillons sur la problématique du logement pour les plus démunis et nous agissons dans la rénovation d’intérieur. C’est une association financée par la mairie de Vandoeuvre, la métropole, le département, la région et l’Etat. Je suis impliqué dans les secteurs associatifs depuis 2002 et j’ai toujours considéré ma démarche comme engagée et citoyenne. Concernant mon parcours politique, j’ai été un militant de base local du PS de 2002 à 2007 puis j’ai rejoint le Parti de Gauche en 2008. Je soutiens la France Insoumise depuis sa création le 10 février 2016.

Sur le plan national, quelles sont les idées que vous comptez défendre ?

En tante que candidat, je n’ai qu’une seule mission : promouvoir le programme de l’avenir en commun écrit par des milliers de citoyens afin de répondre aux urgences démocratiques, sociales et écologiques.
Concernant la planification écologique, nous comptons y accorder un budget de 100 milliards d’euros avec des mesures permettant de faire passer l’agriculture française de la production intensive à un modèle paysan et biologique. Nous soutiendrons les producteurs en imposant le bio à 100% dans les cantines. Nous avons également pour objectif de passer à 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050 et nous aurons 18 réacteurs nucléaires à fermer d’ici là. 

Sur le plan social, nous augmenterons le SMIC à 1326 euros. Nous passerons à la sécurité intégrale avec 100% de remboursement comme le modèle de l’Alsace-Moselle. Nous augmenterons également le minimum vieillesse de 200 euros ainsi que l’allocation aux adultes handicapés. Nous n’acceptons plus les 9 millions de pauvres. Toutes ces mesures seront financées par la lutte contre l’évasion fiscale qui représente un manque à gagner de 85 milliards d’euros. Nous n’aurons besoin que de 40 milliards pour financer notre programme.

Enfin sur l’aspect démocratique, on veut convoquer une assemblée constituante pour passer à la VIème république. Nous souhaitons permettre au peuple de reprendre du pouvoir, en organisant par exemple des référendums révocatoires pour les élus à mi-mandat. La République est à bout de souffle, il y a une grosse défiance vis-à-vis du politique. 

Quel est votre programme pour votre circonscription ?

Le député vote les lois de la nation. Il y a des élus de l’assemblée qui pensent avoir des bilans locaux mais leurs décisions se situent au niveau national.
Nous avons une nouvelle manière de considérer le monde politique dans laquelle le citoyen est acteur du processus législatif. Nous organisons des ateliers de loi où les citoyens se retrouvent avec des spécialistes juridique sur des thématiques précises pour écrire des textes et nous, députés, nous les porterons à l’Assemblée Nationale. 

Il y aura un ancrage local auprès des acteurs associatifs et publics pour faire remonter les informations de terrain. Nous travaillerons en priorité avec les acteurs locaux qui luttent avec nous sur le programme de l’Avenir en commun.

Le député viendra lutter au coté des citoyens contre les fermetures de classes, contre la fermeture des services publics. En ce moment sur Nancy, on vend des biens communs : je pense aux espaces de la MJC des 3 Maisons, à des locaux qui sont mis à disposition par la collectivité aux syndicats pour exercer la défense des droits des salariés… Nous serons aux coté de ceux qui veulent empêcher ces ventes. On a déjà eu la fermeture de l’école de Bonsecours qui a servi à un projet immobilier.

Quelles sont vos propositions pour la moralisation de la vie politique ?

Nous estimons que la moralisation de la vie politique ce n’est pas suffisant. Il y a une crise démocratique globale, c’est la Vème République qu’il faut changer. Cette question là doit être centrale dans l’écriture de la constitution de la VIème République. Nous porterons dans ce débat là, le référendum révocatoire des élus que j’évoquais tout à l’heure, l’interdiction du cumul des mandats. On en a ras-le-bol qu’une caste se constitue dans les territoires et prenne tous les mandats. Il y a suffisamment de citoyens pour prendre des responsabilités. On ne pas porter deux mandats efficacement. Je suis signataire de la charte Anticor contre la corruption. Nous sommes également pour une limite dans le renouvellement des mandats. Il faudra trouver tous les outils possibles pour empêcher cette collusion entre le monde politique et le monde de l’argent. On pense que c’est ça qui pollue la vie politique en France.

Quel est votre regard sur les premiers pas d'Emmanuel Macron et de son premier ministre Edouard Philippe ?

Nous on connait le programme de Macron. C’est un programme qui s’inscrit dans la continuité de ceux de Sarkozy et Hollande : casse du service public, régression sociale, austérité et état d’urgence sans fin, chômage, pauvreté… On a connu Macron, VRP de la commission européenne, aujourd’hui il est président et il sera au service du programme de la commission européenne que l’on conteste et que l’on combat. Ils vont continuer l’austérité avec des coupes budgétaires… Les mêmes recettes vont amener aux mêmes effets. Nous on dit au Français, ne donnez pas tous les pouvoirs à Macron. Au premier tour, 18% des inscrits ont voté pour lui et seulement 40% d’entre eux l’on fait dans une démarche d’adhésion. Il a peu de légitimité et peu d’assise démocratique. On dit aux Français, les législatives c’est le troisième tour de l’élection présidentielle. C’est l’assemblée nationale qui fait les lois, M. Macron ne pourra pas mettre son programme en place s’il n’a pas la majorité. Nous pouvons porter le programme « L’Avenir en commun » à l’assemblée nationale dans le cadre d’une cohabitation. 

La composition du gouvernement nous donne à voir qu’on ne peut rien attendre de lui, il est composé de gens qui, dans le passé, ont eu des responsabilités dans le monde de la finance comme, par exemple, le ministre de l’éducation nationale qui a été directeur de l’ESSEC et qui a formé l’élite ultra-libérale. Il est d’ailleurs favorable à la marchandisation de l’éducation. Tout le pouvoir pour l’oligarchie financière ça va continuer ! Economisez cinq ans de gâchis social, élisez un député insoumis qui s’opposera clairement à la politique ultra-libérale de Macron.

Les 6 circonscriptions de Meurthe-et-Moselle regroupent les cantons suivants... Nancy-Est, Nancy-Nord, Nancy-Sud, Malzéville, Saint-Max, Seichamps (1re circonscription) ; Jarville-la-Malgrange, Laxou, Nancy-Ouest, Vandœuvre-lès-Nancy-Est, Vandœuvre-lès-Nancy-Ouest (2e circonscription) ; Audun-le-Roman, Briey, Herserange, Longuyon, Longwy, Mont-Saint-Martin, Villerupt (3e circonscription) ; Arracourt, Baccarat, Badonviller, Bayon, Blâmont, Cirey-sur-Vezouze, Gerbéviller, Lunéville-Nord, Lunéville-Sud, Saint-Nicolas-de-Port, Tomblaine (4e circonscription) ; Colombey-les-Belles, Domèvre-en-Haye, Haroué, Neuves-Maisons, Thiaucourt-Regniéville (sauf communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad et Vandelainville), Toul-Nord, Toul-Sud, Vézelise (5e circonscription) ; Chambley-Bussières, Conflans-en-Jarnisy, Dieulouard, Homécourt, Nomeny, Pompey, Pont-à-Mousson, communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad, Vandelainville (issues du canton de Thiaucourt-Regniéville) (6e circonscription)

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