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Spécial législatives 2017 : cinq questions à Marie-Christine Bastien (PCF)

  • Écrit par C.G
  • Publié dans Grand Nancy
bastien-pcfLégislatives 2017- A quelques jours du premier tour des élections législatives, nous avons posé cinq questions communes aux candidats de la première et deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle. Nous poursuivons avec Marie-Christine Bastien, candidate du Parti Communiste dans la 1ère circonscription de Meurthe-et-Moselle (Nancy-Est, Nancy-Nord, Nancy-Sud, Malzéville, Saint-Max, Seichamps).

 

Présentation

Je suis née dans un petit village du Toulois où mes parents étaient agriculteurs. J'ai eu la chance de rencontrer des militants associatifs qui m'ont permis à la fois de « sortir » du village et d'y rester. Je suis une militante associative pour un milieu rural vivant. Je dirige une troupe de théâtre amateur.

Je me suis engagée dans la mise en place d'accueils périscolaires pour que les familles puissent inscrire leurs enfants dans les écoles des villages et que les écoles soient maintenues. Je suis également engagée dans des collectifs de défense et de maintien des services publics (écoles, bureaux de poste).

Je travaille à Nancy et Essey. Je suis formatrice et responsable de formations professionnelles. Je suis titulaire du diplôme d'Etat d'ingénieur social. Je suis syndiquée depuis mon premier emploi. Actuellement, je suis secrétaire nationale de mon syndicat.

Les batailles associatives et les batailles syndicales posent très rapidement la question des choix politiques. Après les manifestations, les marches, les réunions dans les ministères, qui ne débouchent sur rien ou sur pas grand-chose j'ai décidé de m'engager politiquement. J'ai rejoint le PCF. Ma candidature est une contribution au camp progressiste.

Sur le plan national, quelles sont les idées que vous comptez défendre ?

Les idées que porte le Parti communiste depuis presque 100 ans : la mise en commun plutôt que la mise en concurrence. L'émancipation plutôt que l'exploitation. L'égalité plutôt que l'équité ... S'y ajoute la conscience claire que notre planète est unique et que ses ressources ne sont pas infinies ; les premières victimes de la dégradation du seul écosystème compatible avec l'être humain sont les plus pauvres.

Aujourd'hui, ces aspirations sont, hélas, toujours d'actualité. Le dernier rapport de l'observatoire des inégalités indique que non seulement les inégalités de revenus augmentent entre hauts et bas revenus, mais les catégories les plus modestes ont aussi vu leur niveau de vie chuter en 10 ans. Il s'agit pour l'Observatoire des inégalités d'une « inversion de tendance historique ».

Nos idées se déclinent dans un programme intitulé, pour cette séquence électorale, « La France en Commun ».

7 axes structurent notre programme :
1. Prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses
• Prendre le pouvoir sur les banques
• Agir contre la fraude et pour la justice fiscale
• Des salaires qui permettent de bien vivre (SMIC à 1700€net à la fin du quinquennat), de meilleures retraites (à 60 ans et taux de remplacement à75 % )
2. Une nouvelle République pour renouveler la politique
• Lutter contre toutes les discriminations et garantir l’égalité des droits
• Sortir du présidentialisme et redonner la primauté au Parlement
• Renouveau de la politique par de nouveaux pouvoirs dans la cité et l’entreprise, de nouveaux pouvoirs des citoyens, de nouveaux pouvoirs des travailleurs
• Une nouvelle organisation territoriale de la République (rétablir la clause de compétence générale à tous les niveaux de collectivités et promouvoir la libre coopération entre collectivités autour de projets partagés. Engager   une réforme de la fiscalité)
•  Garantir le droit à la justice, son indépendance et moderniser notre système d’incarcération
•  Promouvoir le pluralisme et garantir l’indépendance des médias
3. Investir pour l’emploi et le développement de chacun-e
•  Abrogation de la « loi Travail » et adoption d’une loi de sécurisation de l’emploi et de la formation permet- tant à chaque salarié-e d’alterner des périodes d’emploi et de formation choisie sans perte de revenu et sans passer par le chômage, avec comme perspective l’éradication progressive du chômage et de la précarité ; reconstruction d’un grand service public national de la formation continue.
•  Refonte du code du travail comprenant notamment le rétablissement de la hiérarchie des normes et l’instauration de nouveaux pouvoirs des travailleurs sur l’organisation du travail comme sur les choix de gestion ; doublement des effectifs de l’inspection du travail ; déclaration de la souffrance au travail « grande cause nationale ».
•  Négociations pour la réduction du temps de travail en vue de passer aux 32 heures hebdomadaires.
•  Limitation stricte du nombre d’intérimaires et de contrats précaires par entreprise à 5 % des effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME : le CDI doit devenir la norme du contrat d’embauche.
•  Supprimer les mesures d’extension du travail du dimanche ; garantir le droit à la déconnexion.
Un statut protecteur pour la jeunesse
•  Construire l’école de l’égalité
•  Le partage des savoirs au coeur de l’Enseignement supérieur et la recherche
•  Un grand service public de l’art, de la culture et de l’éducation populaire et du sport
•  Le numérique au service de l’émancipation humaine
4. L’égalité femmes-hommes maintenant !
•  Pour le partage des pouvoirs
•  Pour la fin des violences faites aux femmes : une loi-cadre
•  Pour l’éducation à l’égalité de la crèche à l’université
•  Pour l’égalité professionnelle
•  Droit à disposer de son corps
5. Une France protectrice, solidaire et ouverte sur le monde
•  La lutte contre les inégalités et la relance des services publics
•  Plan d’urgence contre l’exclusion et la grande pauvreté
•  Plan de relance des services publics
•  Remise en cause de l’austérité budgétaire
•  Plan de mobilisation pour le logement
•  Un plan de défense et de développement de la Sécurité sociale
•  Plan de mobilisation pour la santé
•  Plan de mobilisation pour les transports
•  Assurer notre sécurité quotidienne et agir contre l’insécurité internationale et le terrorisme
•  Promouvoir la culture de la paix pour en finir avec le chaos mondial
•  Un plan ambitieux pour résoudre la « crise migratoire »
6. Produire autrement pour l’humain et la planète
•  Impulser un nouveau mode de production et de consommation
•  Plan d’urgence pour le climat et la qualité de l’air
•  Une transition énergétique qui garantisse le droit à l’énergie et à l’eau
•  Enclencher la transition de notre modèle agricole
•  Préserver les ressources naturelles
7. A  l’offensive pour changer l’Europe
•  Investir dans le développement commun
•  L’humain au coeur des politiques européennes
•  Une Europe de peuples et de nations, libres, souverains et associés
•  L’Europe, moteur du changement mondial

Quel est votre programme pour votre circonscription ?

La circonscription est un concentré de toutes les caractéristiques sociales, économiques, culturelles de la France. Une ville centre avec ses quartiers populaires et aisés où se concentrent les emplois, des villes suburbaines résidentielles et commerciales, des villages qui plus ils sont éloignés de la ville vivent une forme de relégation.

En cela il est bon de rappeler qu'un député exerce un mandat d'abord national. Son investissement national s'appuie sur les situations concrètes vécues par les citoyens qui habitent la circonscription. Le programme que je porte vise des améliorations concrètes pour tous les habitants de la circonscription.

Ainsi je suis déjà engagée sur la question des services publics pour réaliser concrètement l'égalité des territoires. La Poste, l'école, les transports doivent être maintenus et développés. L'eau, l'énergie, la petite enfance, l'aide aux personnes âgées et dépendantes doivent être des services publics. Les restructurations en cours des hôpitaux sur la métropole seront l'objet de toute mon attention.

Il faut des dispositions législatives pour soutenir le développement des services publics.

Je pense que chacun aurait déjà accès à la fibre si nous avions lancé un plan d'équipement équivalent à ceux que la Nation a pu développer pour l'électricité ou le téléphone. En laissant les initiatives au secteur privé même avec des subventions publiques, nous avons pris un retard considérable et nous laisserons des « zones blanches », celles qui seront jugées non rentables.

Mais il s'agit aussi de faire de la politique autrement en rendant compte régulièrement de mon mandat et en associant localement les citoyens. Je créerai des ateliers législatifs ouverts à toutes et tous.

Vos propositions pour la moralisation de la vie politique ?

Plutôt que la moralisation, indispensable au demeurant, je milite pour une 6e République.

Par le cumul des mandats, les « optimisations » fiscales, l'enrichissement personnel ou familial, les conflits d'intérêts, quelques-uns discréditent tous les élus. Je trouve ainsi stupéfiant que sur la circonscription un citoyen déclaré inéligible puisse cependant se porter candidat et bénéficier d'aides publiques pour répandre un discours de haine.

Mon programme vise une stricte limitation du cumul et du renouvellement des mandats ; la mise en place d’un statut de l’élu-e pour garantir aux salarié-es la possibilité de l’exercice d’un mandat et d’un retour à l’emploi dans une continuité de revenus et de droits ; l'instauration de la proportionnelle à toutes les élections avec obligation de parité ; le renforcement du contrôle des conflits d’intérêts.

C'est tout notre système politique qui doit être refondé. Je pense qu'il faut convoquer une constituante pour nous doter de règles communes nouvelles, adaptées à notre société où chacun aspire à être reconnu et entendu à égalité.

Au cours de la campagne, j'ai rencontré des citoyens dégoutés ou profondément déçus, mais j'ai également rencontré des citoyens passionnés par la chose publique. Ces énergies doivent être mobilisées.

Quel est votre regard sur les premiers pas d’Emmanuel Macron et de son premier ministre Edouard Philippe ?

Emmanuel Macron a composé un gouvernement libéral de combat, ni de gauche, ni de gauche.

Il a été le président élu avec le plus petit pourcentage des suffrages au premier tour. Il est celui qui a porté une Loi sous le précédent quinquennat que nous avons combattue. Pourtant, il prépare une Loi Travail XXL. Son gouvernement réunit des techniciens qui substituent l'efficacité et l'efficience au service des détenteurs des capitaux plutôt que l'intérêt général (ce qui est aussi une entreprise de déligitimation de la politique). Son premier ministre qui a travaillé au MEDEF poursuit l'ambition de Denis Kessler de déconstruction du programme du Conseil National de la Résistance.

Monsieur Macron a imposé hier, en dégainant le 49-3, une loi, portant son nom, qui imposait le travail du dimanche… Il veut aujourd'hui remettre sur la table toutes les dispositions initialement envisagées par la loi de sa complice El Khomri que les salariés ont pu faire retirer par leur mobilisation lors du précédent quinquennat. Entre 2014 et 2016, Les députés communistes FDG ont déposé plus de 2 400 amendements à la loi Macron, puis El Khomri. Nuits et jours, pied à pied, ils n'ont rien lâché ! Ils ont travaillé avec les syndicats, avec « Nuit Debout », et tous les parlementaires opposés à cette loi : ils ont été nos porte-voix ….

Les projets portés hier à la connaissance des organisations syndicales sont une déclaration de guerre sociale. L'observatoire des inégalités pointe l'augmentation de la précarité et du nombre de travailleurs pauvres. Continuer la même politique c'est forcément encore plus de précarité.

La simplification ce n'est pas mettre fin aux conventions collectives nationales, ce n'est pas plafonner, donc tirer vers le bas, les indemnités prud’homales pour permettre aux chefs d'entreprises de licencier plus facilement ! La démocratie et le dialogue social, ce n'est pas instaurer, le pistolet sur la tempe, des référendums d'entreprises, où les salariés ne pourront répondre qu'aux questions que les chefs d'entreprises et leurs actionnaires auront décidé de leur poser !

Simplifier, démocratiser c'est au contraire instaurer un service public de l'emploi profondément transformé avec pour missions l'appui aux salariés, leur sécurisation et leur formation.

Simplifier, démocratiser, c'est au contraire donner aux salariés de véritables pouvoirs de contre propositions face aux plans de licenciements, moyens financiers à l'appui, pour baisser le coût du capital, pas du travail.

C'est le sens du projet de loi que les parlementaires communistes ont déposé à l'Assemblée nationale pour une « sécurité de l'emploi et de la formation ». Ce projet porte la nécessité de repenser le travail, le temps de travail, la sécurisation de l'emploi tout au long de la vie : c'est indispensable aujourd'hui pour pouvoir évoluer, s’adapter, élever ses connaissances et qualifications pour le plus grand bien du développement des entreprises et du pays, et dans une totale sécurité.

Le nouveau président de la République a annoncé son intention de régler le problème en ayant recours aux ordonnances ! Rien de plus anti-démocratique.

J'ai été moi-même une actrice résolue dans les mobilisations contre la loi El Khomri . Je porte dans ma campagne l'exigence de nouveaux droits pour les salariés, et celle de faire reculer la main mise de la finance et des actionnaires sur les choix économiques et des entreprises.

Les salariés peuvent compter sur moi pour refuser demain, à l'Assemblée, le recours aux ordonnances.

Je m'opposerai aux lois d'habilitation à gouverner par ordonnances et à tout projet de casse du code du travail. Je souhaite que nous soyons nombreux le 18 juin pour porter des lois pour l'humain d'abord plutôt que la finance. 

Les 6 circonscriptions de Meurthe-et-Moselle regroupent les cantons suivants... Nancy-Est, Nancy-Nord, Nancy-Sud, Malzéville, Saint-Max, Seichamps (1re circonscription) ; Jarville-la-Malgrange, Laxou, Nancy-Ouest, Vandœuvre-lès-Nancy-Est, Vandœuvre-lès-Nancy-Ouest (2E circonscription) ; Audun-le-Roman, Briey, Herserange, Longuyon, Longwy, Mont-Saint-Martin, Villerupt (3e circonscription) ; Arracourt, Baccarat, Badonviller, Bayon, Blâmont, Cirey-sur-Vezouze, Gerbéviller, Lunéville-Nord, Lunéville-Sud, Saint-Nicolas-de-Port, Tomblaine (4e circonscription) ; Colombey-les-Belles, Domèvre-en-Haye, Haroué, Neuves-Maisons, Thiaucourt-Regniéville (sauf communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad et Vandelainville), Toul-Nord, Toul-Sud, Vézelise (5e circonscription) ; Chambley-Bussières, Conflans-en-Jarnisy, Dieulouard, Homécourt, Nomeny, Pompey, Pont-à-Mousson, communes d'Arnaville, Bayonville-sur-Mad, Vandelainville (issues du canton de Thiaucourt-Regniéville) (6e circonscription)