septembre 17, 2019

Législatives 2017 : Annabelle Ferry « il faut radicalement sortir de ce système »

Nancy- Rencontre avec Annabelle Ferry, candidate du mouvement Génération Citoyen aux législatives 2017 dans la première circonscription de Meurthe-et-Moselle.

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Dans une première circonscription déjà très disputée, voici une nouvelle venue ! Annabelle Ferry, 32 ans, ancienne présidente des jeunes radicaux et déçue des partis politiques, architecte-urbaniste qui a beaucoup oeuvré dans le Grand Nancy, du plateau de Haye en passant par la place Thiers, Nancy Grand Coeur ou encore la place Charles III se présente aux élections législatives en tant que candidate Génération Citoyen avant peut-être d'être investie par le mouvement d'Emmanuel Macron. Interview

Présentation

Annabelle Ferry : J'ai 32 ans, j'ai d'abord effectué mes études d'architecture à Nancy puis je suis allée à l'ESSEC à Paris pour me spécialiser dans le management des opérations. Ensuite, j'ai travaillé durant 6 mois au ministère de l'Environnement au cabinet de Jean-Louis Borloo, ce qui m'a permis de mettre en place le programme écoquartier et c'est pour cela qu'après sur Nancy nous avons pu lancer des choses sur le développement durable, ce n'était pas dans l'air du temps à l'époque. Ensuite j'ai rejoins un grand cabinet d'architecture et d'urbanisme, une filiale de la SNCF, j'y suis allée, car il y avait un angle d'attaque qui était la mobilité et je pensais que sur l'urbanisme rentrer par les mobilités et la ville en mouvement c'était devenu essentiel et donc j'y suis restée huit ans jusqu'à être responsable du pôle urbanisme. Actuellement, je m'intéresse à un nouveau concept pour faire de l'urbanisme en France, sur les territoires aujourd'hui délaissés et sur lesquels aujourd'hui il n'y a pas d'argent, mais j'ai trouvé des solutions grâce aux nombreuses start-ups qui fleurissent pour pouvoir intervenir dans une nouvelle économie, pour pouvoir rendre des services tout simplement aux gens.

Vous n'êtes pas une inconnue à Nancy... 

Nancy c'est déjà ma passion, c'est Nancy qui m'a donné envie de faire ce métier, quand j'ai vu la transformation de la ville. À partir de 1995, la ville a changé de visage, les gens ont retrouvé le sourire, et là j'ai trouvé ça génial et je me suis dit que je voulais faire ce métier d'urbaniste. A 18 ans , je suis rentrée à l'atelier de quartier Ville vieille, j'étais administratice durant plus de 10 ans,  et par exemple quand il y a eu le chantier sur la place Stanislas, avec David Gégonne nous avons eu l'idée de vendre les pavés aux gens pour un euro en faveur des associations.  C'est à travers ces petites expériences que j'ai eu envie de m'impliquer pour les autres et que j'ai commencé à m'intéresser à la politique, je n'y connaissais rien du tout et je me suis dit que c'était aussi un moyen d'action. Et puis durant mes études j'ai travaillé avec l'architecte Alexandre Chemetoff et donc je suis intervenue sur plusieurs projets comme le plateau de Haye...

Génération citoyen

C'est un mouvement citoyen, c'est un peu ce que nous avons préfiguré avec Nancy 2014, mais c'est devenu plus politique et c'est pour cela que j'en suis partie. L'idée c'est de dire que les gens ne s'intéressent plus à la politique. Le vecteur qu'il y avait avant, c'était les partis politiques, ça rassemblait les foules, mais surtout il y avait une éducation politique qui existait à travers les partis, parce que dans le système éducatif ou dans la famille, il n'y pas d'éducation politique. Ce rôle-là n'est plus assuré par les partis politiques à cause des déboires que l'on connaît. Pour faire fonctionner notre démocratie, notre république, c'est d'abord les citoyens, donc comment on s'organise avec bienveillance pour faire fonctionner les choses et réinventer des mouvements, des mises en relation, des endroits dans lesquels on sera en capacité de faire émerger des choses qui dépassent les idéologies d'avant, car cela vient du modèle d'avant...  Nous sommes persuadés qu'en rassemblant les gens, nous sommes capables de pouvoir dessiner sur des projets, les nouvelles sensibilités de demain et de nouvelles visions politiques qui sont vraiment indispensables. Dans ces nouvelles générations de mouvement, nous avons enfin une diversité de personnes qui viennent, et là ça devient riche, ils viennent sans à priori, pour réfléchir politique, chose publique et quotidien des gens. 

Ancienne présidente des jeunes radicaux, proche d'André Rossinot, on vous attendez plus chez les centristes...

J'ai plein d'amis effectivement qui sont à l'UDI, au Parti Radical, dans les mouvements du centre, c'est assez proche effectivement de ma pensée. J'ai expliqué ma démarche, cela a suscité la curiosité et plutôt de l'écoute, en fait j'ai eu beaucoup de bienveillance sur ma démarche de la part de toutes ces personnes qui n'ont pas franchi le pas, car ils croient encore au système, de mon côté ça fait longtemps que je n'y crois plus. Mais c'est vrai que l'on m'attendait logiquement vers ces partis, mais voilà je suis une personne inattendue et je n'aime pas les cases, les schémas établis. 

Et André Rossinot, quelle a été sa réaction ?

Il a plus suivi mon cheminement intellectuel lors de discussions durant des années. Je pense qu'il a compris, ce à quoi je croyais, j'inspirais, ce qui est l'essence même de mon engagement politique. Il a toujours respecté, mais aussi il a essayé de me faire venir, mais bon il a compris que c'était cause perdue, il est très respectueux de mes choix.

Pourquoi cette candidature ? Pour quel projet ?

Il y a deux choses qui m'ont interpellée, les gens sont assez dégoutés, comme moi, de la manière dont les hommes politiques gèrent notre pays, je ne les mets pas tous dans le même panier, il y a plein d'autres qui font le job, mais on les entend beaucoup moins. Moi j'ai envie que l'on entende les gens qui font, et de manière positive. Le mode carrière politique a fait amener les gens dans les partis à être dans un système où ils sont tous auto-verrouillés, ils se tiennent tous, ils ne regardent pas ce qu'il se passe à l'extérieur et ça ne marche pas, pour moi ce n'est plus les bons représentants donc il faut changer, renouveler les personnes qui nous représentent et pour cela il faut regarder vers les citoyens qui ont capacité de le faire et qui veulent le faire. Moi j'ai eu envie de le faire par rapport à mon engagement depuis toujours, j'ai envie de faire avancer les choses et je me lance avec l'idée de réussir. Sur la manière de faire, cela me gêne aussi, dans la manière de fabriquer les lois, les choses se font en chambre et non avec les gens, je juge indispensable de faire un cheminement avec les gens, le prochain député de ce territoire doit faire ce travail, c'est une conviction forte.

Sur le fond, il va falloir prendre acte que les choses se fabriquent sur le territoire, localement et en réseau, c'est la révolution numérique qui a apporté ça. La richesse viendra de là. Aujourd'hui notre système et nos lois sont sur des choses verticales, en fait ce n'est pas adapté à chaque contexte, chaque personne. C'est pour cela que j'aime les idées d'Emmanuel Macron là-dessus, il faut faire les choses pour chaque personne, que chaque personne fasse son parcours, puisse mener sa vie comme elle l'entend et être accompagné pour ça. Même chose dans les politiques publiques, j'ai envie d'un cadre qui permet d'adapter les choses vraiment au plus près du contexte et des besoins, il faut acquérir de la souplesse, permettre l'expérimentation, il faut donc retrouver un État qui soit seulement sur ses fonctions régaliennes et le reste on laisse les territoires s'organiser, c'est une nouvelle vision de la décentralisation aussi d'une certaine manière, mais plus pour coller aux besoins réels. 

Comment allez-vous faire campagne ?

J'aurai une permanence en mouvement, je ne pense pas que la permanence doit être un seul lieu, un seul moment. Chaque territoire a sa place et aura sa voix dans le processus de campagne, le moment de campagne est aussi important qu'après la campagne, c'est là que nous allons commencer à prendre des habitudes sur chaque commune. Sur ces dernières, nous allons travailler avec des citoyens sur la vision du projet de société et ensuite cela nous permettra de continuer à travailler dans les années qui viennent lors de temps de rencontres dans chaque commune pour pouvoir travailler au jour le jour. J'aimerais que cela soit inscrit dans la loi, que chaque député passe un jour par mois dans les communes pour faire de la reconstitution devant les habitants.

Pourriez-vous être la candidate du mouvement d'Emmanuel Macron En Marche ? 

Je suis candidate Génération Citoyen. Début février nous avons voté pour décider si nous soutenions un candidat à la présidentielle, à plus de 80% nous avons décidé de soutenir Emmanuel Macron, car nous étions en phase avec ses éléments de projets, on y a contribué d'ailleurs, en phase sur sa vision des choses, notamment faire des réformes dans un nouveau système qu'il est en train d'inventer. Nous étions également en phase avec sa personne, sa probité et le message qu'il donne derrière. Un certain nombre de candidats de Génération Citoyen ont déposé leurs candidatures sur la plateforme à En Marche, on verra si je suis retenue.

Quel regard portez-vous sur la première circonscription dans laquelle vous êtes candidate ?

Les candidatures d'Éric Pensalfini et Mostafa Fourrar, c'est ce qui a motivé ma candidature d'une certaine manière, je n'ai pas de grief contre eux, mais je me demande comment ils auront le temps pour accomplir le mandat de député avec tout ce qu'ils ont à côté, ils ont déjà des engagements, il faut donc répartir le travail pour faire bien chaque engagement. Chaynesse Khirouni, visiblement elle a bien bossé durant son mandat, mais ce n'est pas la même vision que je porte, c'est un système qui pour moi est du passé. J'arrive en terrain vierge par rapport au projet que je porte. 

Après l'affaire Fillon, la transparence est devenue l'urgence...

C'est une évidence, une responsabilité publique c'est différent que dans le cadre professionnel. Là il y a des valeurs derrière, c'est un engagement, une confiance, donc il faut mettre tous les gages de confiance, du respect du contrat. Il faut être le plus transparent possible, je défends cette transparence, elle est utile et il y en a plus besoin aujourd'hui. Concernant l'affaire Fillon, embaucher des gens de sa famille est interdit au parlement européen, en France non, car ceux qui légifèrent rentrent dans ce cas de figure, mais tout est comme ça, là c'est juste un exemple, il faut radicalement sortir de ce système.  

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