juin 18, 2019

JIRS de Nancy : un trafic international de stupéfiants démantelé dans l'Est

Photo d'illustration Photo d'illustration
Justice. Le parquet de la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy a annoncé ce lundi l'interpellation de onze personnes soupçonnées d'être impliquées dans une affaire de trafic international de cannabis, d'héroïne et de cocaïne à la frontière franco-allemande, notamment de Beinheim (Bas-Rhin). 

Dans le cadre d'une information judiciaire confiée depuis le 16 janvier 2018 à un juge d'instruction de la Juridiction Inter-Régionale Spécialisée de Nancy, les enquêteurs de la Section de Recherches de Strasbourg, du Groupe d'Intervention Régional (G.I.R) de Strasbourg, du Groupement de Gendarmerie Départementale du Bas-Rhin ont procédé lundi 18 juin 2018 à l'interpellation dans le département du Bas-Rhin de 11 personnes soupçonnées d’avoir participé à des faits de trafic de produits stupéfiants et de blanchiment des produits du trafic de stupéfiants (cannabis héroïne et cocaïne) à grande échelle entre l'Espagne, la France, les Pays-Bas et l'Allemagne depuis le début du mois d'août 2017 jusqu'à la fin du mois de mai 2018, fait savoir aujourd'hui le parquet de la JIRS de Nancy dans un communiqué.

L'une des têtes de réseau, un ressortissant allemand venu s'installer à Beinheim (Bas-Rhin) est suspecté d'avoir dirigé ce réseau de malfaiteurs en organisant des convois destinés à acheminer d'importantes quantités de produits stupéfiants depuis l'Espagne à destination de la France où il aurait supervisé la revente à des clients allemands basés notamment à Sttutgart et à Heidelberg.

Il s'appuyait sur plusieurs convoyeurs chargés de se rendre en Espagne chercher la marchandise ; plusieurs trajets étaient effectués par mois depuis août 2017. D'autres personnes étaient chargées de revendre la marchandise en France et/ou de la livrer en Allemagne, de lui rendre divers services, notamment récupérer l'argent de la vente des stupéfiants, louer des voitures pour les trajets, surveiller le comportement d'un convoyeur, tester un trajet « à vide » pour vérifier la fréquence des contrôles de police. Les voyages pouvaient être confiés à des cinquantenaires ou des soixantenaires ou encore à des couples, pour réduire le risque de soupçons, précise le parquet de la JIRS.

Les investigations menées permettaient de distinguer deux filières d’approvisionnement l'une en provenance d'Espagne pour le cannabis et l’autre en provenance des Pays-Bas pour la cocaïne, matérialisées notamment par des relations téléphoniques régulières avec plusieurs contacts espagnols et néerlandais.

32 perquisitions, du numéraire et des véhicules saisis

En France plusieurs interpellations ont nécessité la mobilisation de 120 personnels issus de la Section de Recherches de Strasbourg, du GIR de Strasbourg, du Groupement de Gendarmerie 67 (Haguenau et Wissembourg), des militaires des PSPG (Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie) de Fessenheim (68) et Cattenom (57), des militaires du PSIG (Peloton Spécialisé d'Intervention de la Gendarmerie) de Wissembourg, Strasbourg, Molsheim, Selestat et Saverne. Mais aussi le concours de 6 équipes cynophiles issues des GIC de Meyenheim, du PSIG de Verdun, des Douanes du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, et de la Police Nationale, d'un analyste d'Europol, d'un gendarme traducteur, de six interprètes en langue allemande et d'une assistante sociale. Elles ont donné lieu à 32 perquisitions, à la saisie notamment de 6000 € en numéraire, de plusieurs véhicules avec valeur supérieure à 5 000 €. les évaluations immobilières sont en cours.

Lors de l’opération déployée le lundi 18 juin 2018, ont été interpellés à leurs domiciles les 11 des 12 cibles initiales qui ont été immédiatement placées en garde à vue. Au cours des auditions, le placement en garde à vue d’une 12e personne s’est avéré nécessaire. Concomitamment à ces opérations étaient interpellées 4 autres personnes susceptibles d’appartenir au groupement criminel organisé, deux en Espagne, deux en Allemagne. Ces dernières seront prochainement remises au juge d’instruction français, pour interrogatoire et mis en examen, souligne le parquet.

À l’issue des gardes à vue, sept personnes ont été présentées au juge d’instruction pour leur mise en examen, deux ont été placées sous contrôle judiciaire et cinq ont été placées en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

Retrouvez-nous sur Facebook

Ici-c-Nancy TV