août 18, 2019

Commerce : la Ville de Nancy crée une SEM pour booster l'attractivité du Centre Ville

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COMMERCE. Pour renforcer l’attractivité et la fréquentation du centre-ville de Nancy, la Ville de Nancy a dévoilé ce vendredi un nouvel outil d’intervention immobilière :  la SEM « NANCY DEFI » (Nancy Développement Économique Foncier Immobilier). Dotée d’un capital de cinq millions d’euros, elle pourra investir dans l'acquisition de commerces ou de logements en vue de les réhabiliter. 

Après de nombreuses initiatives lancées dans le domaine du commerce telles que le recrutement d’un développeur de centre-ville, des opérations autour du plus grand salon international dédié à l’immobilier (MAPIC)...  Nancy passe à l’offensive pour encourager l’activité économique et la création de logements en prenant l’épineux dossier de la vacance résidentielle et commerciale à sa racine. Ce vendredi, la Ville de Nancy et ses partenaires financiers ont donné naissance, avec la signature des statuts, à une SEM, l’acronyme de Société d’Économie Mixte (SEM) Nancy DEFI - Développement économique Foncier Immobilier. La concrétisation de deux ans de travail pour aboutir à une initiative définie comme un outil d’intervention immobilière « innovant » et « dynamique » s’appuyant sur un partenariat public et privé... 

Présidée, pour un mandat de 6 ans, par Sylvie Petiot, première adjointe au Maire déléguée à l’économie et au commerce, la SEM Nancy Défi s’attaque au défi territorial de la vitalité du centre-ville. L’outil reposant sur un cycle d'achat, travaux et revente, interviendra sur des biens commerciaux et leurs étages vacants ou nécessitant des restructurations, pour les adapter au marché et aux besoins. L'action de Nancy DÉFI s’inscrira également dans les orientations du Plan de sauvegarde et de mise en valeur du centre-ville qui préconise une meilleure gestion des logements de l’hyper-centre et permettra également un allègement des charges pour le repreneur du commerce en rez-de-chaussée, bien souvent locataire de l’ensemble de l’immeuble.

« Depuis le début du mandat, nous avons identifié cet outil comme prioritaire, il faisait partie intégrante du projet de ville », explique Sylvie Petiot lors d’une conférence de presse. « Nous avons un contexte commercial qui est relativement bien situé avec un taux de vacance bas, mais nous continuons à observer des commerces plus forcément adaptés. Des étages désertés de l’habitant, car ils ne sont plus conformes aux attentes d’aujourd’hui. L’idée de cette SEM c’est de remettre aux normes les rez-de-chaussée, les commerces, de réhabiliter ces étages et de permettre l’accessibilité au centre-ville de familles, nous avons aussi la volonté de disposer d'appartements relativement grands avec des possibilités de stockage de poussettes... »

« L’objectif ce n’est pas que la SEM remplace l’initiative privée bien au contraire. Nous travaillons avec les propriétaires, les mandataires, les gestionnaires de locaux commerciaux sur des projets pour faire évoluer les murs. Le but de la SEM est de mettre en mouvement le centre-ville et de décoincer les sujets difficiles... », ajoute Laurent Hénart. 

Une centaine d’adresses potentielles pour la SEM

Dans cette perspective d'amélioration du parc immobilier existant au bénéfice des commerces, les services et les logements, neuf actionnaires se sont rassemblés autour de la SEM pour un budget global de 5 millions d’euros. Elle est composée de la Ville de Nancy qui injecte 2 M€, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) 1M€, la Métropole du Grand Nancy, la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne (BPALC), la Caisse d’Épargne Grand Est Europe à hauteur de 400 000 € chacun, l’Office Métropolitain de l’Habitat du Grand Nancy (OMh), la Société Lorraine de l’Habitat (SLH) , Batigère 200 000 € chacun et le Crédit Agricole de Lorraine 100 000 €. Tous partagent un objectif semblable. « Si on ramène des habitants au centre-ville, on ramène de la consommation, du service, des gens qui reviennent et qui investissent à nouveau le centre-ville et qui développe le chiffre d’affaires des commerçants ou des professions libérales », assure Sylvie Petiot. 

La Solorem a été désignée pour accompagner les opérations immobilières dans leurs gestions. « La première opération sera certainement une opération emblématique que nous choisirons avec beaucoup de soin au niveau commercial et au niveau habitat », estime Sylvie Petiot. Quels seront les premiers chantiers ? Selon les élus, la SEM compte d’ores et déjà un certain nombre d’adresses. Une centaine réparties de moitié en centre-ville et de l’autre dans les faubourgs (Mondésert, Vosges et III Maisons). 

La vacance commerciale taxée dès 2021

Contre l’immobilisme de certains propriétaires, la Ville de Nancy dégaine un deuxième levier plutôt radical et incitatif. Annoncée en novembre 2018 lors d'un conseil municipal, la taxation des friches commerciales se mettra en place en 2019 pour une application en 2021 avec des taux évolutifs sur trois ans. Cette mesure fiscale sera destinée aux locaux inexploités depuis au moins deux ans. L’ambition reste la même celle de la dynamisation de l’offre commerciale en centre-ville en motivant les propriétaires à la remise en activité ou sur le marché du bien concerné.

« Cette pression de taxation doit permettre d’éviter ce sentiment que "ça ne coûte rien de laisser vide" », commente Laurent Hénart, maire de Nancy. Pour autant, la Ville de Nancy entend déjà favoriser le dialogue. « Nous allons faire le tour des propriétaires afin qu’ils se rendent compte de ce qu’ils payeraient s’ils laissent perdurer la situation...». 

En attendant, le premier conseil d’administration de la SEM se déroulera au mois de mars 2019 et devrait permettre déjà d'affiner les pistes de travail voire de faire quelques annonces. 

 

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