novembre 12, 2019

Critique. « La Belle Époque » de Bedos : flash back sur les seventies 

Doria Tillier, Daniel Auteuil / Copyright 2019 Constantin Film Verleih GmbH Doria Tillier, Daniel Auteuil / Copyright 2019 Constantin Film Verleih GmbH

Résumé du film : Sexagénaire dépressif et bougon, Victor exaspère sa femme Marianne qui le flanque à la porte. L’occasion de profiter de l’expérience d’Antoine, ami de son fils : revivre l’année 1974, celle où il rencontra l’amour de sa vie. Une façon guillerette de revisiter la nostalgie.

Le titre du second film de Nicolas Bedos est trompeur car il ne s’agit donc pas de plonger dans les années folles ni de danser le charleston. Mais d’utiliser toute la technologie du XXIème siècle pour reconstituer, à la demande des clients, l’époque de leur choix.

Aux manettes : Antoine (Guillaume Canet), metteur en scène de ces retrouvailles avec le passé. Autour de Victor : un fils esseulé (Pierre Arditi) avide de renouer avec son père parti trop tôt. Une belle rousse court vêtue, Margaux (Doria Tillier) qui incarne pour Victor la trentenaire que fut Marianne. Et quelques amis de bamboche se retrouvant régulièrement dans un café à banquettes de cuir et chanteuse des rues tonitruant toujours le même air.

« Si les cœurs étaient clairs... »

Au début du film, on patauge un peu. Saoûlé par les scènes de ménage du couple Victor-Marianne. Car Fanny Ardant en rajoute dans un mépris conjugal d’autant moins justifié, que son amant ronfleur (Denis Podalydès) s’empresse de chausser les pantoufles du mari évacué. C’est après que ça devient vraiment intéressant. Quand Victor, plongé dans les seventies, retrouve les gestes, le look, la légèreté d’un passé pas si lointain où ses dessins et ses BD attiraient le regard des femmes. 

« Je dois tout au dessin, confie-t-il à Margaux. Comme ça plaisait, ça m’a encouragé et j’en ai fait mon métier». Réplique de la belle : « Moi, c’était le piano. Car dans une famille polonaise, on jouait du piano avant de savoir marcher ». Confidences réciproques et rires fréquents qui donnent au film sa fluidité entre passé et présent. Chacun y regagnant confiance en un avenir toujours teinté de mélancolie.

Surtout quand Fanny Ardant déboule dans le café-refuge de son mari pour avouer sa jalousie et ses regrets. Bon prince, Victor lui commande sa friandise : des œufs durs au sucre. L’œil humide, elle avoue : « Ça faisait longtemps que je n’avais pas été jalouse. Vous me manquez... » Victor chamboulé : « Vous m’appellerez ? «  Marianne : « Oui ». Victor : ‘Quand ?’ Marianne : ‘Vite, très vite’. C’est Audiberti qui disait : « Si les cœurs étaient clairs, le monde serait clair ».


Fiona Franchi

Sortie du film : 6 novembre 

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