novembre 20, 2019

Critique. « Hors Normes » : l’autisme sans œillères

REDA KATEB, VALENTIN et VINCENT CASSEL / Copyright Carole Bethuel

Résumé du film : Bruno, le juif et Malik, le musulman, dirigent une association accueillant des enfants ou adolescents autistes atteints de symptômes lourds. Le premier, célibataire, les oriente. Le second, père de famille, organise des activités sportives mettant ces jeunes au contact des animaux. Un quotidien surmené parsemé d’échecs et de mini victoires. Seul objectif : tenir bon.


Pour leur septième film, Eric Tolédano et Olivier Nakache reprennent un peu la formule de leur triomphal « Intouchables ». À savoir, un handicap (ici l’autisme) et des bénévoles se donnant corps et âme pour améliorer le sort de ceux que la société souvent rejette faute de structures adaptées. Ce faisant, les réalisateurs ne font pas seulement œuvre utile, ils nous interpellent tous. En nous forçant à observer l’autisme sans œillères ni tabou. Grâce à l’exemple de ces héros du quotidien.

La première image du film, c’est la course folle d’une rousse ado en plein Paris. Bousculant les passants, méprisant la circulation, elle court un danger que seul l’adulte qui la rattrape peut stopper. C’est Bruno, responsable du centre d’accueil, « La voix des justes », dont elle s’est échappée. Une course qui met d’emblée le spectateur hors d’haleine. Comme tout le film d’ailleurs.

Hélène Vincent, formidable                    

Car la vie haletante de Bruno et Malik, son associé, n’a aucun répit. Entre les jeunes autistes qui leur sont confiés, les volontaires qu’il faut former à leur encadrement, les subsides à trouver et les représentants des organismes officiels chipotant leurs locaux insuffisants, pas de quoi souffler.

L’astuce du duo Tolédano-Nakache va donc consister à faire de deux ou trois « cas » la symbolique de l’ensemble. En commençant par Valentin, l’ado que l’on a équipé d’un casque de boxeur pour éviter qu’il ne s’auto-mutile en se heurtant violemment aux murs. Un gamin qui, suite à l’abandon temporaire de Dylan, son ange gardien, s’échappe sur l’autoroute, engendrant la scène la plus spectaculaire, et stressante, du film.

Autre cas : Joseph, jeune homme autiste à qui Bruno, admirable de force de conviction, trouve enfin un job qui n’aura hélas qu’une durée limitée. Joseph, qui ne peut s’empêcher de tirer le signal d’alarme du métro, a une mère désemparée (formidable Hélène Vincent) auteur d’une phrase qui fera écho chez tous les parents d’enfants autistes : « Quand ils sont petits, on les trouve mignons. Mais, en grandissant, quand ils n’ont pas les mots, les codes, ni les gestes, chacun s’en détourne ».

Vincent Cassel au sommet        

Sauf Bruno et Malik qui resteront longtemps associés dans nos mémoires de cinéphiles à un superbe duo de combattants. Jamais abattus (et pourtant il y aurait de quoi), ils avancent. Et c’est ça, justement qui bouleverse. Ce courage tranquille et déterminé au service de leur mission. Un engagement tel que Malik en néglige les siens. Et que Bruno en oublie de se trouver une compagne. Un rôle de samaritain qui comptera double dans la carrière de Reda Kateb. Et qui fait de Vincent Cassel, inépuisable phare de ces jeunes en détresse, un acteur au sommet qu’on a envie d’embrasser.


Fiona Franchi           

Sortie du film : 23 octobre

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