octobre 23, 2019

Ciné. « Donne moi des ailes » : interview de Nicolas Vanier

Jean-Paul Rouve, Louis Vasquez  / Copyright SND Jean-Paul Rouve, Louis Vasquez  / Copyright SND

Résumé du film : Fils de parents séparés, Thomas, 14 ans, doit passer des vacances au Grau du Roi avec son père Christian qui étudie la migration des oies sauvages. Plus accro aux jeux vidéo, Thomas va néanmoins se prendre d’affection pour les volatiles. Commence alors un périlleux voyage.


Après « L’Odyssée sauvage », « Le dernier trappeur » et « L’école buissonnière », Nicolas Vanier s’inspire ici de l’histoire de Christian Moullec (co-scénariste), pionnier du vol enULM avec des oies sauvages. But : leur apprendre à éviter villes et chasseurs pour suivre un autre itinéraire de migration. Présenté en août dans les salles UGC, ce film, tartiné de bons sentiments, est spectaculaire et rafraichissant.

Quand et comment a commencé cette aventure ?

Nicolas Vanier : Il y a trois ans quand j’ai volé en ULM avec Christian Moullec et ses oies au-dessus du Cantal. J’en avais déjà fait, mais ça n’avait rien à voir avec la sensation qu’on éprouve en volant avec des oiseaux. Revenu sur terre, Christian m’a raconté son tout premier vol de la Laponie en France avec unevingtaine d’oies. D’où l’idée d’en faire un film d’après cette histoire.

Durée de ce tournage ?

Trois mois. À savoir ce que vous voyez dans ce film : incubation des œufs, naissance, vol et voyage.En faisant entendre aux oiseaux dans l’œuf un bruit de tondeuse à gazon pour les habituer ensuite à celui du moteur.

Comment avez-vous géré la tempête ? Avec une partie studio ?

Non, pas de studio. Simplement une superposition de couches. En gardant des images d’oiseaux perturbés pendant leur vol ou des conditions atmosphériques difficiles. Idem pour l’ULM et la tempête.

Ensuite, on a superposé tout ça. Car il ne s’agissait pas de lancer le gamin dans une tempête pareille.

Jean-Paul Rouve qui joue le père et Louis Vasquez (Thomas) ont donc appris à piloter un ULM ?

Oui, c’est d’ailleurs assez simple. Ensuite ils ont cohabité avec les oies dont ils sont devenus les papas.Restait le défi technique, car le seul appareil permettant de voler avec les oies, c’est l’ULM. Un hélico les découperait en rondelles...Mais l’ULM est très fragile et ne peut emporter que peu de poids. Le matériel de prise de vues a donc été accroché dans l’ULM avec des contrepoids. En habituant aussi les oies aux drones utilisés, car au début, prenant les drones pour des rapaces, elles plongeaient vers le sol.

Les oies peuvent parcourir quelle distance ?

Environ 300 à 400 kms. Si les vents sont porteurs et la température pas trop chaude. En fait, sur ce tournage, les oies décidaient de tout. Ce que j’ai bien expliqué aux acteurs. Que le patron soit un oiseau, moi, ça me plaisait bien.

Quels critères de sélection pour le jeune Louis Vasquez (Thomas) ?

Louis c’est la perle rare qui est sortie de l’audition de 2400 ados. J’ai testé sa capacité à jouer et à supporter une grosse pression de travail. Le feeling ensuite était important, car je ne peux travailler avec des gens pour lesquels je n’éprouve pas un minimum de sympathie.

À la fin du film, vous rappelez le nombre d’oiseaux disparus ces dix dernières années. C’est effrayant.

Un tiers des oiseaux a disparu du ciel européen. Un autre tiers va suivre, car on ne fait rien. La conséquence directe du réchauffement climatique, de l’urbanisation grandissante, des insecticides.Ça fait partie des choses qui me désolent. Car me réveiller dans 20 ans au printemps dans ma forêt de Sologne sans entendre chanter les rossignols, me donne envie de pleurer.


Fiona Franchi

Sortie du film : 9 octobre

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