décembre 07, 2019

Ciné. "Alice et le Maire" : interview de Nicolas Pariser

Fabrice Luchini,  AnaÏs Demoustier / Copyright Bac Films Fabrice Luchini,  AnaÏs Demoustier / Copyright Bac Films

Résumé du film : Cap sur Lyon où le maire socialiste, Paul Théraneau, peine à assumer sa fonction après trente années de mandat. D'où l'idée d'appeler à la rescousse Alice Heimann, jeune philosophe bardée de diplômes. Sa mission : insuffler au maire, idées de lectures, dynamisme, fraicheur, assistance.  


Les Municipales, c'est dans six mois. Alors, autant s'y préparer avec cet excellent second film de Nicolas Pariser présenté en août dans les salles UGC. Sa bonne idée : le duo inédit Fabrice  Luchini, le maire, Anaïs Demoustier, l'étudiante. Rien d'une approche sentimentale avec improbable happy end. Plutôt le rapprochement de deux énergies, deux intelligences et deux solitudes aussi.    

Qui vous a transmis le virus de la politique ?

Nicolas Pariser : Oh, ça remonte à l'école primaire ! Le principe électif m'intéressait. Donc quand on pouvait se présenter à quelque chose, j'étais partant. Ensuite, je me suis intéressé aux idées, aux leaders, aux émissions politiques. Puis j'ai eu des amis sortant de Sciences-Po qui travaillaient dans les ministères. J'ai donc toujours eu un lien indirect avec ce milieu-là.

Vous montrez un maire de gauche en panne d'idées. Un maire de droite ne peut pas l'être ?

Sans doute. Mais je me suis beaucoup inspiré du fonctionnement de la mairie de Paris, qui est de gauche et où certains de mes amis travaillent. De plus je tournais à Lyon dotée d'une mairie socialiste. Ça me semblait donc plus pertinent que le maire soit plutôt de gauche.

Étiez-vous un fan de la série TV américaine « A la Maison-Blanche » ?

Cette série d'Aaron Sorkin m'a tellement secoué que j'ai écrit un court métrage dont les héros étaient des hommes politiques. Un vrai déclic. Cette série étant connue pour ses nombreuses scènes où on parle en marchant (walk and talk), j'ai reproduit ça ici dans un couloir.

Vous faites une peinture assez cocasse de ceux qui gravitent autour du pouvoir. N'est-ce pas eux qui leur polluent l'esprit ?

C'est possible. Mais il y a aussi un aspect très monarchique en France. Un côté Versailles dans chaque ville importante. Regardez les salons ou salles de réception de la mairie de Nancy...Un nouvel élu dans ce cadre peut se sentir comme un mini Louis XIV! Ce qui peut aussi inciter les collaborateurs à se comporter en courtisans.

Au début l'entourage dit à Alice : « Tu lui fais beaucoup de bien ». Mais, quand elle prend de l'importance, arrivent les reproches : « Tes idées lui obscurcissent l'esprit ».

Parce que c'est un univers d'ambitions et d'égos. Ce qui se produit partout. Tant que vous êtes considéré comme inoffensif, personne ne vous attaque. Je tenais justement à montrer cet aspect-là dans l'univers du travail.

Vous êtes vous d'emblée interdit toute connexion amoureuse entre Alice et le maire ?

Très vite, oui. Motif : leur différence d'âges importante. Entre eux, ce n'est pas de l'amitié ni une relation paternelle ou filiale. C'est une rencontre,  une estime réciproque de l'ordre du sentiment et des émotions. C'est autre chose.

Vous montrez très subtilement  l'évolution vestimentaire d'Alice.

Au début, elle s'habille en effet comme une normalienne qui a enseigné à Oxford. Puis, elle adopte une tenue de travail respectueuse de l'univers municipal. Mais je voulais aussi qu'elle porte une robe très élégante à l'opéra pour affronter ce goujat. J'adore cette scène.

Votre avis sur l'acteur Luchini après ce film ?

Ce que je pensais déjà avant. C'est un grand comédien, très professionnel. Doté d'une grande générosité, il nourrit son travail de toute sa personne. Face à lui, Anaïs Demoustier est parfaite et arrive aisément à son niveau. Ce qui était important, car le film repose sur ses épaules.         


Fiona Franchi

Sortie du film : 2 octobre

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