décembre 11, 2019

Critique. « Au nom de la Terre » : Canet, paysan sacrifié

Guillaume Canet / Copyright Nord Ouest Films Guillaume Canet / Copyright Nord Ouest Films

Résumé du film : De 1979 à 1999, la descente aux enfers d’un paysan qui s’épuise au travail pour rembourser les dettes liées à l’agrandissement de son domaine. Réalisateur, Édouard Bergeon raconte ici la fatale trajectoire de son propre père, vaincu pour avoir vu trop grand, trop vite et trop cher.

Dans le long générique de fin, Edouard Bergeon remercie chaudement Guillaume Canet pour « son incroyable implication ». Un sujet qui ne pouvait en effet que convaincre Canet, amoureux des grands espaces et des chevaux qu’il monte à la perfection.

C’est d’ailleurs en cavalier aguerri qu’en 1979, Pierre, 25 ans, rentre du Wyoming où il séjournait dans une ferme gérant 10.000 têtes de bétail. Son ambition : reprendre plus tard « Les grands bois », domaine paternel. 20 ans plus tard, c’est fait devant notaire, « car je ne vais quand même pas te donner toute une vie de travail » l’a prévenu son père (Rufus).

Avec sa femme comptable (excellente Veerie Baetens), ses deux enfants dont son fils ado (Anthony Bajon, toujours aussi juste) et son aide précieux (Samir Guesmi), Pierre accumule les traites et les soucis. Car à son élevage de chevreaux ne rapportant pas assez, il a commis l’erreur d’y adjoindre un élevage intensif de poulets qui va précipiter sa perte.

La beauté des récoltes

Le début d’une spirale infernale qui, en ayant raison de l’endurance et des nerfs de Pierre, va affecter toute la famille. Car autour d’eux, c’est le désert. Pas l’ombre d’un soutien corporatiste ou commercial. Seul un appel municipal, cherchant à éclaircir les motifs de l’incendie ayant ravagé son poulailler,déclenche chez Pierre un ultime énervement.

Émouvant et sobre, ce drame paysan illustre, ô combien, les problèmes dans lesquels s’enlisent nombre d’exploitants agricoles. Tout en transmettant au spectateur les raisons évidentes de leur acharnement à cultiver la terre. Car Edouard Bergeon sait rendre palpables la beauté des récoltes, la douceur des prairies et le hennissement d’un cheval quémandant une carotte par dessus l’enclos.

Il sait aussi montrer la douleur d’un père, coupable, lui aussi, de non-assistance à personne en danger. Mais lui rendant hommage en déposant sur la tombe de son fils unique le seul cadeau approprié : une gerbe de blés.      


Fiona Franchi

Sortie du film : 25 septembre

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