septembre 20, 2019

Ciné-Critique : "LES HIRONDELLES DE KABOUL" L'ENVOL DE ZABOU BREITMAN

Kaboul 1998. La terreur des talibans Kaboul 1998. La terreur des talibans

Résumé du film : Kaboul 1998. Dans la capitale afghane dévastée, les talibans imposent la terreur. Femmes sous burqa bleue, hommes en turban et manches longues. Pas un centimètre de peau ne doit dépasser. Deux couples, Atiq et sa femme malade, Mohsen et Zunaira, jeunes idéalistes, sont contraints au silence.


Née entreprenante, Zabou Breitman adapte ici le best seller de Yasmina Khadra paru en 2002. Et co-signe avec Eléa Gobé-Mévellec, graphiste surdouée, ce film d’animation  qui a décroché un prix au récent Festival d’Annecy et, fin août, le Valois de diamant au Festival d’Angoulême. Un film superbe qui est aussi le fruit d’un entêtement. Car, privée de l’avance sur recette, cette entreprise a nécessité trois ans de fabrication. Le résultat est à la hauteur de cet acharnement grâce aux images et aux voix. Celles des deux couples  (Simon Abkarian, Hiam Abbass, Zita Henrot et Swann Arlaud), de plusieurs comédiens du Français et du père de Zabou, Jean-Claude Deret, décédé en 2016.

Ce qui frappe d’abord dans ce film d’animation c’est la beauté des gouaches dans les tons gris, beige et terre de Sienne. Seuls les intérieurs apportent un surplus de couleurs grâce aux coussins disséminés et aux vêtements des femmes débarrassées de leur tunique-prison.Car dehors, règnent la violence (lapidation d’une femme infidèle), le claquement sec des mitraillettes et les enfants hurlant le nom de Zidane devant les télés retransmettant la coupe du monde de football. Une façon d’interrompre la réalité glaçante du sujet avec des rappels d’actualité à la fois populaire et intime. Grâce à la belle scène d’amour de Mohsen et Zunaira démontrant qu’aux pires moments de leur vie des couples continuent de s’aimer pour se donner du courage.

L’entrée en résistance

Ce film, qui impose dans la salle un silence impressionnant, illustre l’oppression d’un peuple qui entre en résistance avec les mêmes méthodes que nos combattants de 1940-45. Mots de passe furtifs, nourriture glissée aux emprisonnés, tractation persuasive et échappées haletantes de ceux qui ont encore assez de souffle pour se sauver. Hors d’haleine, l’évadée épuisée frappe à une porte.Un homme paraît et dit simplement : « Entre ! ». Sauvée.   


Fiona Franchi

Sortie du film : 4 septembre

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