septembre 18, 2019

Ciné. « Nous finirons ensemble  » : Quand Lellouche séduit Cotillard

Clémentine Baert, Gilles Lellouche, Marion Cotillard

Résumé du film : Neuf ans après le succès des « Petits mouchoirs » (5 millions d’entrées), Guillaume Canet s’offre un bis : « Nous finirons ensemble ». Avec presque la même bande de potes investissant la maison de vacances de Max pour lui souhaiter ses 60 ans. Mauvaise idée. Quasi ruiné, Max déprimé veut tout bazarder. Sa maison, ses souvenirs et ses potes.

Fallait-il ou pas prolonger ce succès ? Les salles d’avant premières qui ont beaucoup ri à ces retrouvailles penchent pour le oui. Avec des bémols. Car le contexte, ici, est morose. Les trentenaires du Cap Ferret sont devenus quadras. La vie professionnelle en a chahuté certains. La maladie en a frappé d’autres. Divorces ou séparations ont perturbé l’unité. Et la mort de Ludo (Dujardin) a fait une veuve (Marion Cotillard) ainsi que des nostalgiques de l’amitié (François Cluzet, Gilles Lellouche, Laurent Lafitte).

José Garcia, nouveau venu  

Un scénario qui confirme Lafitte dans son rôle de gaffeur attitré, Laurent Magimel dans celui de l’homosexuel assumé, François Cluzet en atrabilaire style Bacri, Joël Dupuch en ostréiculteur philosophe, Gilles Lellouche en papa-poule énervé par une nounou agressive et Marion Cotillard en mère désargentée.

Un scénario qui incorpore aussi l’excellente Clémentine Baert (Sabine), nouvelle compagne de Cluzet., mais donne à José Garcia un rôle de nouveau riche arriviste qu’on aurait davantage apprécié sans les excès de Valérie Bonneton en divorcée teigneuse.   

On navigue ainsi entre satisfactions et déceptions, car manager une telle bande n’est pas simple. Et que le réalisateur s’offre parfois des séquences n’apportant rien à l’action. Comme la répétition des scènes de repas ou celle des sauts en chute libre pour le seul plaisir du cadreur.

Gilles Lellouche, talentueux  

Un film que sauvent néanmoins quelques scènes feutrées prouvant que Guillaume Canet a affiné sa maitrise de la direction d’acteurs et la psychologie de ses personnages. Exemples : Marion Cotillard  oubliant à l’arrivée son gamin dans le taxi mais devenant mère-louve pour le repêcher. Laurent Lafitte rompant avec ses gaffes pour glisser cette belle définition de l’amitié : « C’est pas d’être là tout le temps, mais d’être là quand les amis ont besoin de vous ». Et surtout Gilles Lellouche séduisant Marion Cotillard dans la plus belle scène du film : un clair-obscur où, patiemment, il souligne ses contradictions et l’incite au changement tout en lui déclarant sa flamme. Bien que jamais récompensé, Gilles Lellouche prouve là qu’il serait grand temps de reconnaître son talent.             


Fiona Franchi   

Sortie du film : 1er mai

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