juin 16, 2019

Ciné : Rencontre avec l’équipe du film d’Etienne Chatiliez « Tanguy, le Retour »  

Eric Berger, Sabine Azéma, André Dussollier / Copyright SND

Résumé du film : Apparemment en panne d’inspiration, Etienne Chatiliez réchauffe la recette Tanguy. Et c’est parti pour un bis qui ramène le fiston de Chine. Sans sa femme qui l’a quitté, mais avec sa fille Zhu, 16 ans. Ses parents le consolent et le dorlotent si bien que Tanguy s’incruste. Ô rage, ô désespoir ! 


44 ans et toujours aussi benêt le Tanguy de Chatiliez. Benêt ou paresseux ? Intéressé en tout cas. Car la soupe est bonne chez les parents. Et c’est gratuit. Double avantage. Ayant engendré ainsi un fils qui ne sait pas s’assumer, Édith et Paul en paient les frais. Et la note sera salée. L’équipe dixit.

Dans ce bis, on se demande constamment si Tanguy est inconscient de ce qu’il inflige à ses parents ou s’il fait exprès ?

Etienne Chatiliez : Je crois que c’est les deux. Car c’est une pathologie. Un psychopathe. Vous savez, face à Tanguy, même la division Leclerc elle perd…

Eric Berger (qui joue Tanguy) : C’était l’indication de début de tournage du premier « Tanguy ». Etienne m’avait dit : « On ne doit pas savoir s’il est très intelligent ou super manipulateur ». Alors, est-il conscient ou pas ? Je ne suis pas certain d’avoir la réponse moi-même. 

Les parents n’ont-ils pas aussi leur part de responsabilité ?

Etienne : Bien sûr. Ils tissent la corde pour se pendre. Car ils lui redonnent sa robe de chambre, ils inscrivent la petite à l’école et lui filent l’appartement d’en face. On ne fait pas ça quand on a un Tanguy comme fils.

C’est agréable ou laborieux de reprendre un rôle ?

Eric : Pour moi, c’était un régal d’affiner le personnage. Car Tanguy c’est une bactérie. Il a colonisé son entourage et s’y installe avec délice.

Et la petite fille ? Est-ce une Tanguy junior ou son contraire ?

-Etienne : C’est un doux mélange de son père et de sa mère. Elle a le côté intello et doué du père, car elle passe son Bac à 16 ans. Et materne son père complètement déjanté en refusant de parler de la séparation de ses parents. Elle est très autonome. Mais elle a aussi la folie de sa mère, car, enceinte à 16 ans, elle ne voit pas du tout où est le problème.

Vous donnez l’image d’une famille chinoise bruyante, envahissante, sans gêne. 

Etienne : Pour Édith et Paul, ce sont des envahisseurs. Mais n’oubliez pas qu’en Chine Tanguy a vécu avec sa femme, ses parents et ses grands-parents. Il a donc réussi là bas ce qu’il n’avait pu faire en France.

Vous dites adorer observer l’âme humaine. Comment va-t-elle aujourd’hui ?

Etienne : Elle est noire. Ce que je veux dire dans Tanguy, c’est que tout parent a envie, une minute par jour, de buter ses mômes, mais qu’on n’a jamais le droit de le dire. L’universalité du sujet est plus là dessus que sur les enfants qui s’attardent chez leurs parents. Car ça, c’est simplement un phénomène social.

Et si votre fils était un Tanguy ?

Etienne : Parlez-en plutôt au présent. Car mon fils qui a 28 ans est parti le week-end dernier…

Laurent Chouchan, co-scénariste : Et le mien qui en a 29 est rentré la semaine dernière…

 


Recueilli par Fiona Franchi 

Sortie du film : 10 avril

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