juin 16, 2019

Interview de Tim Burton, réalisateur du film « Dumbo » 

Farrier (Colin Farrell), Milly (Finley Hobbins), Joe (Nico Parker) et Dumbo Copyright 2019 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

Résumé du film : 1917 aux États Unis. Max Medici, propriétaire d'un cirque en difficulté, recrute Holt Farrier, blessé de guerre, pour s'occuper de Dumbo, éléphanteau aux oreilles démesurées devenu la risée du public. Les enfants de Farrier ayant découvert que Dumbo peut voler, on l'associe à l'acrobate Colette Marchant. Résultat : Dumbo devient une star.


Avant Will Smith, génie du prochain « Aladdin » et Beyoncé, interprète de Nala dans « Le roi Lion » bis de l'été prochain, voici « Dumbo » réactualisé par Tim Burton. A savoir : après les 64 mn du film original sorti en 1941, Burton propose ici une version panachée. Un Dumbo numérisé dans un film classique. Avec un triple additif : Milly et Joé, les enfants de Farrier et V.A. Vandevere (Michaël Keaton), le grand méchant de l’histoire. Plus la grande famille du cirque dont Burton demeure l’inconditionnel admirateur.

Faut-il voir dans « Dumbo » le regret d’un réalisateur qui aurait aimé partager la vie itinérante et aventureuse des gens du cirque ?

Tim Burton : Je suis en quelque sorte moi-même un personnage de cirque. Car lorsqu’on filme, on crée une dynamique avec les incroyables artistes autour de soi. Donc, non, je n’ai pas de regret. Parce que filmer, c’est pour moi un bien meilleur objectif que de m’enfuir pour retrouver un cirque ambulant.   

Alors, pourquoi Dumbo continue-t-il de vous faire rêver ?

Parce que le symbole de cet éléphant volant est pour moi une très belle métaphore. C’est aussi une histoire plus personnelle. Celle d’un personnage étrange qui rentre mal dans le moule et ressemble à ma propre histoire avec Disney. Enfin d’une façon plus générale, c’est la beauté d’être différent et pourtant accepté par les autres.

Par rapport à l’original, quelles étaient vos intentions ?

Je voulais le rendre différent, mais en même temps garder son cœur émotionnel. Donc pas l’idée d’un remake, plutôt celle d’une exploration différente. Car, dans la palette des couleurs de l’original, il y avait une certaine noirceur qui, c’est vrai, m’a inspiré.

Ici, avez-vous envisagé le cirque d’une façon, disons, militante ?

Oui, car le cirque est un lieu fermé que je n’ai jamais beaucoup aimé à cause des bêtes sauvages en captivité. Mais c’est aussi un lieu étrange regroupant des artistes hétéroclites, des gens un peu marginaux. Et « ça » m’intéressait. Mais nous n’avons pas utilisé de bêtes sauvages en captivité. Seulement des chevaux et des chiens.

Autour de Dumbo, personnage animé, vous avez regroupé de grands acteurs comme Colin Farrell, Dany de Vito et Michaël Keaton. Était-ce difficile d’équilibrer leurs interventions ?

L’univers que je crée est assez stylisé. Car vous avez un éléphant qui semble réel, mais ne l’est pas vraiment et des acteurs qui doivent interférer avec lui. Donc j’aime avoir autour de moi des acteurs capables d’être en osmose avec cet animal un peu bizarre. Ma chance ici c’est d’avoir réuni une troupe extra et un peu barrée. Nous avons donc créé une sorte de famille dysfonctionnelle, mais importante pour le film lui-même.

Votre film se déroule pendant la Première Guerre mondiale. Contexte important pour vous ?

C’est une fable donc je ne voulais pas montrer la guerre. Mais j’espérais qu’à travers la blessure du personnage de Colin Farrell on puisse comprendre leur souffrance. Ce qui permettait également d’établir un parallèle avec ce que ressent Dumbo séparé de sa mère. Et son propre parcours.

 


Recueilli par Fiona Franchi

Sortie du film : 27 mars

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