mai 23, 2019

Interview de l’équipe du film « Le chant du loup »  

Résumé du film : L’aventure d’un équipage sous marinier dont l’élément principal est « l’oreille d’or ». Un jeune homme, Chanteraide, qui a le don rare d’identifier chaque son perçu. À bord d’un sous-marin nucléaire, c’est ca-pi-tal.  

C’est sous son pseudo, Abel Lanzac, qu’il avait signé (avec Christophe Blain) sa BD, « Quai d’Orsay » adaptée ensuite par Bertrand Tavernier. Mais, cet ex-diplomate de 43 ans a repris son vrai nom, Antonin Baudry, pour réaliser son premier film, « Le chant du loup ». Avec un casting étoilé : Mathieu Kassovitz, Reda Kateb, Omar Sy, François Civil. Et un sujet ambitieux : la vie à bord d’un sous-marin nucléaire en mission. Alors, n’hésitez pas : plongez !

Pour votre premier film, vous avez mis la barre très haut : un huis clos et la représentation visuelle du son. Un double défi ?

Antonin Baudry : Avoir une représentation visuelle des choses qu’on entend me semble en effet assez envoûtant. On a donc essayé de recréer des écrans à la fois beaux et réalistes. Et qui jouent narrativement et poétiquement. Ce qui fait partie de la problématique du film : le rapport entre les machines et les êtres humains.

Le chant du loup, est-ce un qualificatif des sous-mariniers ou votre invention ?

Antonin : J’ai entendu ça un jour à bord et ça m’a plu. Le chant du loup, c’est comme une sirène, comme un appel. Quelque chose de dangereux. C’est le nom donné aux sonars ennemis en approche, car ça reflète justement cette notion de danger.

Comment avez-vous appréhendé cet univers sous marin ?

Antonin : Avant d’écrire le scénario, j’ai passé une dizaine de jours sous l’eau. La deuxième phase, c’était avec les comédiens.

Reda Kateb : Antonin tenait en effet à ce que nous soyons tous immergés dans un vrai sous-marin. Moi, j’ai eu la chance de plonger dans un SMLE, un sous marin lanceur d’engins qui porte les missiles nucléaires. Il est plus long qu’un sous-marin nucléaire d’attaque, plus petit et plus actif. Ce que j’ai beaucoup ressenti, c’est le passage de confiance des sous-mariniers à nous. Car leur métier est peu raconté et leurs familles ne savent pas comment ils vivent quand ils sont en mission. Pour eux, il était donc important que notre film puisse représenter ça.

De quoi souffre-t-on le plus à bord d’un sous marin : de la promiscuité ou de la claustrophobie ?

Antonin : J’ignore si on souffre, mais le plus frappant, c’est la promiscuité. Imaginez 70 personnes enfermées dans une boite pendant 70 jours… Ça crée une certaine pression, mais aussi beaucoup d’intimité. Ça ressemble d’ailleurs à ce qu’on vit sur un plateau de tournage : on ne peut pas porter de masque. Surtout en situation de danger. Quant à la claustrophobie, je ne l’ai pas ressentie personnellement, mais j’ai rencontré beaucoup de gens qui craignaient de la ressentir.

Aviez-vous des infos sur les systèmes de sécurité que vous montrez ou simplement imaginé ce qui se passe ?

Antonin : Mon souhait était d’être proche du réel, car ce sont des sujets graves avec lesquels on ne peut pas tricher. Cela dit, c’est une fiction et je ne prétends pas que c’est arrivé, mais je pense que les mécanismes sont réels. C’est pourquoi j’ai gardé le langage particulier des sous-mariniers entre eux. Presque une langue étrangère qui fait qu’on a l’impression de ne rien comprendre et de tout comprendre.

Comment travaille-t-on un personnage qui écoute ?

François Civil : Le son étant central dans le film, j’ai donc rencontré des « oreilles d’or ». Ils ont un carnet secret où ils notent ce qu’ils entendent. A leur contact, j’ai réalisé qu’une « oreille d’or » a, certes, une hypersensibilité auditive lui permettant d’écouter les fonds marins, mais ce don l’isole aussi. Ça le marginalise et le fragilise. C’était donc toute la complexité, mais aussi le côté passionnant du rôle.


Recueilli par Fiona  Franchi

Sortie du film : 20 février

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