avril 22, 2019

Cinéma : rencontre avec l'équipe du film «YAO»  

Omar Sy et Lionel Basse / Copyright Pan-Européenne Omar Sy et Lionel Basse / Copyright Pan-Européenne

Résumé du film : Apprenant la visite de son idole à Dakar, l'intrépide Yao, 13 ans, quitte en douce son village sénégalais pour faire, en stop, les 387 kms le séparant de Seydou Tall, célèbre acteur français venu dédicacer sa biographie. Ému par cette initiative, l'acteur décide de le raccompagner chez lui. 


Entre deux continents, France et États-Unis, deux domiciles et plusieurs films, Omar Sy cultive sa jeune renommée née d' « Intouchables ». Pour Philippe Godeau, ami et réalisateur de « Yao », il a cependant accepté de faire une pause africaine. Histoire de renouer avec ses racines. Et de nous faire découvrir le talent de son jeune partenaire, l'espiègle Lionel Basse.

Ce film est un voyage. Est-ce que le tournage le fut également ?

Omar Sy : Absolument. Un voyage et une découverte. Car, préalablement au tournage, en tant que coproducteur, j'ai participé à des discussions sur la façon de préparer, de tourner et de monter un film. Cette façon de m'impliquer là dedans, c'était un vrai cadeau.

Philippe Godeau : Malgré cette implication, sur le tournage, Omar s’est vraiment abandonné. Sur le plateau, il n’était qu’acteur. 

Côté dépaysement, comment s’est passé le tournage ?

Philippe : Il y avait deux façons de faire ce film. Soit arriver avec nos camions, traverser le pays et revenir, de façon totalement indépendante. Ou bien constituer une équipe totalement sénégalaise et tourner dans la continuité. En se fondant vraiment dans ce pays. Ce que nous avons fait.

Dans le film, quelqu’un vous traite de « Bounty », autrement dit d’étranger. Ça vous a étonné ?

Omar : Non, pas vraiment. Car lorsqu’on retourne dans son pays d’origine, on peut aussi subir une forme de racisme.

Ce voyage vers la terre des ancêtres, vous en aviez éprouvé le besoin avant ce film ?

Omar : Pour y être allé souvent étant jeune, je connaissais déjà le Sénégal. Mais à 19 ans, j’y ai fait un séjour important avec mon père qui m’a montré les lieux qui lui étaient chers et parlé de notre famille. Un périple qui m’a complètement modifié. En dessinant la personne que je suis aujourd’hui. Après le tournage, avec mon père et mon frère, nous sommes d’ailleurs allés de Dakar jusqu’au village de ma mère en Mauritanie. C’était très chouette.

Pour vous, en revanche, ce séjour africain était-ce une première ?

Philippe : Non. Étant jeune, j’allais en Afrique deux fois par an, car mon père travaillait au Mali. Adolescent, j’en revenais à chaque fois différent. Dans ce film, je voulais donc faire ressentir ça. Car l’hospitalité, les valeurs, la spiritualité existent là bas de façon très forte. D’où la scène de la prière qui arrête carrément la voiture. Je voulais montrer aussi que même si l’Afrique est en pleine croissance, le moyen de locomotion numéro un, c’est encore la calèche.

Et vous, Omar, êtes-vous revenu différent après ce film ?

Omar : Je suis revenu riche des rencontres avec des acteurs et des techniciens sénégalais. Et, je l’espère certain d’avoir, à travers ce film, transmis quelque chose à mes enfants.

Aux États Unis, vous venez de terminer « L’appel de la forêt » de Chris Sanders avec Harrison Ford comme partenaire. En observant son jeu, qu’avez-vous appris ?

Omar : Ce qui me frappe à chaque fois, c’est la façon dont les acteurs de ce calibre repèrent tout. La lumière, le son et surtout ce que souhaite le réalisateur. Leur capacité aussi de lui proposer pendant les répétitions une variété infinie de répliques très finement nuancées. Ce que j’ai observé aussi, c’est son charisme. Harrison Ford est assez impressionnant comme bonhomme ! Ce film, « Call of the Wild », devrait sortir à Noël 2019 aux States.   

C’est pour de telles rencontres que vous vous êtes installé aux États Unis ?

Omar : Non, je voulais que mes enfants puissent y grandir avec un père anonyme. Or, en France, après « Intouchables » ce n’était plus possible. Étant connu, je ne pouvais plus les protéger comme je l’entends.    


Recueilli par Fiona  Franchi

Sortie du film : 23 Janvier

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