décembre 14, 2019

Rencontre avec l'équipe du film : « L'Incroyable Histoire du facteur Cheval »

Ferdinand Cheval à gauche et Jacques Gamblin à droite Ferdinand Cheval à gauche et Jacques Gamblin à droite

Résumé du film : Facteur dans la Drôme, Ferdinand Cheval est un taiseux. Veuf séparé de son fils, il se remarie avec Philomène. Pour elle et leur fille Alice, il commence la construction d’un palais monumental. 


Trente ans durant, le facteur Cheval, a bâti, pierre par pierre, un palais qui laisse pantois. Charriant seul des brouettées de cailloux, découvrant le secret d'assemblage des matériaux, il a rendu à la commune d'Hauterives un fier service touristique. C'est à cet homme, effectivement « incroyable », que le beau film de Niels Tavernier rend justice. Et qu'incarne Jacques Gamblin avec force et sobriété.

Comment résumeriez-vous votre cohabitation avec ce personnage ?

Jacques Gamblin : Comme une grande aventure. Au point que si je suis rentré dans la peau du facteur, il est également bien rentré dans la mienne. Car c’est un personnage assez intrusif qui vous transperce de son silence et de sa quête. Pour moi, l’important c’était donc ce peu de paroles. Car pour lui, tout s’exprime par cette œuvre. Pour le reste, c’est parfois maladroit.

Combien de temps entre l’annonce du rôle et le tournage ?

Jacques : Deux ans. Comme le film est ponctué de scènes très fortes, il y avait, donc aux répétitions, le Gamblin très touché par les scènes et le Cheval qui retenait cette émotion au moment du moteur. Si bien qu’au fil des jours, ce personnage m’a vraiment retourné.

Avant le vôtre, y a-t-il eu d’autres films sur le facteur Cheval ?

Niels Tavernier : Il y a eu des tentatives, mais elles ont toutes échoué. Ce qui m’a motivé, c’est la vision de ce palais. Car l’architecture est folle et derrière cette profusion baroque, il y a une âme d’enfant. Ce que je trouvais à la fois formidable et très romantique.

Avez-vous tourné sur les lieux ? Ou reconstitué certains détails ?

Niels : Reconstituer le palais en 3D aurait été trop difficile à faire. Pour certaines scènes de préparation de la chaux, on a tourné près du palais. Pour le reste, on a détouré le palais à la palette graphique et collé certains détails à des arbres ou des ciels afin qu’à l’œil le palais soit plus petit et semble en état de construction.

La grande question est : pourquoi a-t-il construit cet édifice qui ressemble à un temple Khmer ?

Jacques : Ah, ça...La réponse du film est qu’il le fait comme un cadeau d’amour à sa fille Alice. Personnellement, j’étais tellement investi que j’avais l’impression d’être avalé par le personnage. Car la volonté du facteur Cheval nous interpelle. Comment chacun de nous assure-t-il sa fantaisie ou sa folie ? Et prend la liberté d’accomplir son rêve ?

Incroyable Histoire Facteur ChevalJacques Gamblin / crédit SND

Certains documents le concernant vous ont-ils aidé ou inspiré ?

Jacques : Oui, des cartes postales où il pose un peu comme un piquet. Sans un sourire ni savoir très bien comment se tenir. Autre source d’inspiration : Pierre Constant qui a restauré l’édifice. Et puis les cahiers qu’il a rédigés, mais on y trouve peu d’informations sur la technique utilisée ou les cubages de chaux employés. Cet homme était un doux dingue qui, grâce à l’amour, s’est un peu sociabilisé. Et qui a sans doute construit ça sans imaginer que 170.000 personnes visiteraient son palais chaque année.

Il construit ça pendant trente ans alors que la mort ravageait son entourage.

Jacques : Oui. Après avoir perdu ses parents très jeunes, la tuberculose emporta successivement ses deux épouses puis sa fille. Et son seul fils mourut dans les tranchées de 14-18. Lui-même mourra très tard.

Votre père, Bertrand Tavernier a-t-il vu le film ?

Niels : Oui et il l’a aimé. C’est même la première fois qu’il me fait autant de compliments.


Recueilli par Fiona Franchi

Sortie du film 16 janvier

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