mars 27, 2019

Rencontre avec l'équipe du film "Edmond"

Olivier Gourmet (Coquelin) / Copyright LEGENDE Films - EZRA - GAUMONT Olivier Gourmet (Coquelin) / Copyright LEGENDE Films - EZRA - GAUMONT

Résumé du film : Paris 1897. Jeune père de famille et auteur en mal d’inspiration, Edmond Rostand, 29 ans, peine à satisfaire une commande de Sarah Bernhardt : écrire une pièce héroïque pour Coquelin, « l’acteur » à la mode. Soutenu par sa femme, la poétesse Rosemonde Gérard et motivé par Honoré, son ami cabaretier, il accouche finalement de « Cyrano de Bergerac ». Ce sera un triomphe.  


Alexis Michalik, ambitieux auteur-réalisateur, adapte ici sa pièce du même titre, qui se joua pendant deux ans au Palais Royal et lui valut cinq « Molière ». Mais c’est à Prague, dans un hôtel datant de 1895, qu’il a reconstitué pour ce film le Paris XIXe et dirigé sa troupe de comédiens. Tous excellents et emmenés par Thomas Solivérès en Rostand et Olivier Gourmet en Coquelin. Est-il utile d’ajouter que lycéens et professeurs de français doivent s’y précipiter ?

En ciblant Rostand, vous pensiez donc que la pièce était connue, mais pas son auteur ?

Alexis Michalik : Oui. « Cyrano » est très connu grâce au film de Jean-Paul Rappeneau pour notre génération, mais avant ça, il l’était déjà. Car c’est la pièce française la plus jouée dans le monde. Donc le personnage a dépassé son auteur. « Edmond » était donc une façon de braquer les projecteurs sur lui. Tout en prenant certaines libertés avec le personnage.  

Et vous, son interprète, comment avez-vous approché Edmond Rostand ?

Thomas Solivérès : J’ai lu tout ce que je pouvais sur lui. Car, même si ça n’est pas un biopic, plutôt une fiction réaliste, j’avais besoin de savoir quel homme il était. Dans ce but, j’ai eu la chance d’avoir accès à des documents très intéressants...

Quels documents ?

Thomas : Des correspondances entre Edmond Rostand et sa femme, des articles de presse au lendemain de la générale de « Cyrano », des lettres de son fils Jean évoquant sa relation avec son père. Autant de choses qui m’ont permis d’affiner le personnage et d’y ajouter certaines couleurs. Car il y a tous les thèmes dans « Cyrano » : l’amour, l’héroïsme, l’humour, la bagarre, etc -

Comment expliquez-vous le succès mondial de « Cyrano de Bergerac » ?

Alexis : Cyrano a l’empathie de tous immédiatement. Il est inattaquable, car il refuse le succès et le compromis. C’est lui le plus brillant, mais il est condamné au malheur, car il ne supporte pas autre chose que le sublime. Il y a certes le handicap de la laideur, mais il sait, d’instinct, que s’il se dévoile à Roxane et qu’il se passe quelque chose, il va rentrer dans le couple et ce sera forcément le compromis. Ça c’est la thèse même du romantisme : pas de sublime si on rentre dans le compromis.

Pour vous, Edmond Rostand, c’est Cyrano ?

Thomas : Absolument. Dans la pièce, la fameuse tirade des « Non merci ! » c’est Edmond. Lui-même se considérait comme un raté, détestait son nez, avait une calvitie naissante et portait toujours un chapeau pour la masquer. Il était très complexé, très angoissé. C’est pourquoi il a toujours voulu glorifier un anti-héros. Ce qu’il a fait avec Cyrano.

Votre film révèle aussi un acteur impérial dans le rôle d’Honoré, le cabaretier.

Alexis : Jean-Michel Martial qui joue Honoré, a créé ce rôle au Palais Royal où il le joue toujours d’ailleurs. Honoré, personnage de fiction, va inspirer Edmond. Car, en incarnant l’héroïsme et le panache c’est celui qui ressemble le plus à Cyrano. Grâce à lui, Edmond a trouvé son modèle.   


Recueilli par Fiona Franchi 

Sortie du film : 9 janvier

Cyrano

La statue-hommage à Cyrano par la ville de Bergerec (Dordogne) / Wikipedia GFDL

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