janvier 19, 2019

Cinéma : Rencontre avec l’équipe du film « Mia et le Lion blanc »

Daniah De Villiers (Mia) et le lion Thor / Copyright Studiocanal GmbH - Patrick Toselli

Résumé du film : Mia, 11 ans, se prend d’amitié pour Charlie, lionceau blanc né dans la ferme de ses parents en Afrique du Sud. Mais en grandissant, elle réalise ce qui attend Charlie : devenir la cible des chasseurs de fauves.


Ce film de Gilles de Maistre est à la fois un plaidoyer et un appel au secours. A savoir : dénoncer la cruauté des chasseurs qui massacrent les fauves. Et alerter les vrais amoureux de la savane de l’inéluctable disparition des lions. D’où cette rencontre avec le réalisateur, l’actrice principale (Daniah De Villiers) et le zoologiste Kevin Richardson, précieux conseiller. Un film aux images splendides où Mélanie Laurent ne tient, hélas, qu’un rôle maternel épisodique.

Mia, qui s’occupe et nourrit Charlie depuis ses jeunes années, n’a-t-elle rien à craindre de lui ?

Gilles de Maistre : Disons qu’un lion avec qui on a développé une relation d’amour n’a en effet aucune raison de vous attaquer. Cela dit, il faut, évidemment, rester vigilant, car le côté sauvage est toujours là.

Daniah était-elle au courant de ce qui se passait dans ces fermes africaines ?

Kevin Richardson : Non et elle en a été extrêmement choquée. Apprendre que ces lions étaient élevés pour être abattus plus tard, l’a rendue très attentive à tous de ce que je disais. Aujourd’hui, elle est même l’ambassadrice de notre fondation.

Kevin dit qu’il faut savoir rester stoïque devant les lions. Mais vous est-il arrivé d’avoir peur ?

Daniah : Oui, car il fallait du courage pour travailler avec les lions…et avec Ken aussi ! Un vrai parcours du combattant. 

Kevin : Parfois je lui disais : attention aujourd’hui, le lion n’est pas d’humeur. Alors, si tu fais telle chose, ça détruira la relation déjà établie avec lui. Il fallait donc quotidiennement percevoir ce qui était possible entre elle et le lion. Moi, j’ai commencé à travailler avec les lions à 22 ans. Aujourd’hui j’en ai 44 et si je devais seulement commencer à mon âge, je ne le ferais pas. 

L’approche de ces animaux est donc fonction de l’âge  ?

Gilles : Oui. L’âge venant, les peurs reviennent. Alors qu’entre le lionceau et l’enfant existe une sorte de compréhension de la jeunesse. La relation de Daniah avec le lion reposait donc sur le regard et les mains de Kevin. Le lion avait sa doublure. Ils n’ont jamais été dressés, seulement apprivoisés. Le jour où ils n’étaient pas en forme, on ne les filmait pas. Un vrai travail d’apprentissage qui a duré trois ans : le temps de voir grandir le lion. Et aussi Daniah.

A 15 ans, Kevin, auriez-vous eu le même courage que Daniah dans ce film ?

Kevin : Je n’en suis pas sûr pas, car sa prestation est vraiment impressionnante. Au départ, on a tous en nous la volonté de communiquer avec les animaux. Mais, plus nous grandissons, plus les inhibitions  nous en empêchent. L’idéal serait donc un entrainement permanent nous permettant de faire perdurer cette approche.

Les riches chasseurs qui tuent les lions comme des trophées doivent-ils s’acquitter d’un droit ?

Kevin : Oui, cette taxe d’Etat, va de 25.000 à 50 ou 55.000 dollars. Ça dépend de ce qu’on propose au chasseur. Si on lui fait croire qu’il est dans un milieu naturel et qu’il n’y a pas d’enclos, ça peut être très cher. Mais, le problème c’est que souvent cette industrie de la chasse repose sur des organismes de blanchiment d’argent. Résultat : l’Etat Sud Africain ne touche pas l’argent qu’il devrait percevoir.      


Recueilli par Fiona Franchi

Sortie du film : 26 décembre

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