mars 27, 2019

Cinéma : Rencontre avec l'équipe du film "Au bout des doigts"

Jules Benchetrit, Lambert Wilson - Copyright Thierry Valletoux
 

Résumé du film : Pianiste né, s’exerçant à la sauvette dans les gares, Mathieu Malinski est repéré par Pierre Geitner, directeur du Conservatoire National de Musique. Mais, convaincre ce chapardeur de banlieue de discipliner son talent ne sera pas une mince affaire.   


Savez-vous qui a eu l’heureuse idée du piano dans le hall des gares ? C’est un artiste britannique, Luke Jerram. En 2008, des instruments en appelèrent ainsi au talent des voyageurs anglais avec ce conseil : « Play me, I'm yours ». Adoptée en 2013 par la SNCF, l’idée séduisit d’emblée. Résultat : le piano fait aujourd’hui vibrer nos halls. D’où la belle idée de départ du film de Ludovic Bernard, réalisateur mélomane.

Trouver « votre » pianiste n’a pas dû être chose facile ?

Ludovic Bernard : En effet. Car au départ je voulais absolument un jeune sachant jouer du piano. Mais ceux que j’ai auditionnés jouaient bien du piano mais mal la comédie. L’âge aussi posait problème : ils étaient trop jeunes ou trop âgés. Bref, ça ne convenait jamais. Et puis, est arrivé Jules Benchetrit. Et quand il a passé les essais, j’ai su que c’était lui.

D’où un entrainement intensif pour vous ?

Jules Benchetrit : Oui, trois heures par jour de musique classique pendant des semaines. Depuis le tournage j’en écoute beaucoup, ce que je ne faisais pas avant.

Mais les morceaux très difficiles demandaient sans doute d’autres compétences ?

Ludovic : Évidemment, car jouer Liszt ou Rachmaninov ne s’improvise pas. Surtout ce dernier qui demande de larges mains d’adulte. Ce sont donc d’authentiques solistes qui interprètent.  

Comment avez-vous sélectionné les séquences musicales ?

Ludovic : Dès l’écriture du scénario. Ce sont tous des morceaux qui me touchent beaucoup. Le Chopin qui rythme le cambriolage c’est celui que j’ai entendu dans une gare et qui m’a donné envie d’écrire le film. Bach, qui est d’une immense modernité, s’imposait. Rachmaninov aussi car c’est l’un des plus compliqués Et Liszt pour l’émotion qu’il dégage.

Bien doser musique et action a posé problème ?

Ludovic : Oui et je ne m’y attendais pas. Car il ne fallait pas étouffer le film avec la musique. Au montage, il a donc fallu dégraisser certaines séquences de piano afin que ça reste agréable à écouter.

Diriez-vous que Geitner, votre personnage, est pour Mathieu, le coup de pouce du destin ?

Lambert Wilson : Oui. On en a d’ailleurs besoin dans tous les métiers. De ces anges gardiens qui télescopent votre vie. Encore faut-il, quand on est un futur artiste, savoir les voir, les identifier et ne pas les rater. 

Qui a joué ce rôle pour vous ?

Lambert : Fred Zinneman qui, après m’avoir vu jouer une scène avec Jane Fonda dans « Julia », m’a donné l’un des trois rôles principaux, au côté de Sean Connery, dans un film qui s’appelait « Cinq jours ce printemps-là ». C’est à partir de là que les choses se sont enchainées.

Le directeur du Conservatoire vous dit : « C’est risqué ce que tu fais. Ne te loupe pas !». Comme partout, la compétition au Conservatoire est féroce.

Lambert : Mon personnage est en effet au cœur d'une machine administrative. Certains y sont nommés sans venir du monde de la musique. Il y a beaucoup de dents longues. Résultat : c’est assez dur pour ceux que sont investis d’une mission pédagogique.    


Recueilli par Fiona  Franchi           

Sortie du film : 26 décembre

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