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Ciné : Rencontre avec l'équipe du film "L'Empereur de Paris"

By Fiona FRANCHI décembre 18, 2018

Vincent Cassel / crédit photo Roger Arpajou - Mandarin Production - Gaumont

Résumé du film : Vidocq l'insoumis, Vidocq le bagnard, Vidocq le chef de la Sureté. C'est toute la palette de ce ch'ti hors normes que nous propose Jean-François Richet. Avec l'excellent Vincent Cassel.    


Natif d'Arras (comme Robespierre), Eugène-François Vidocq commença par dérober les économies de son père boulanger pour se faire la main. Suivirent d'autres méfaits qui le firent croupir dans les bagnes de Brest et Toulon. Expériences assez douloureuses pour l'inciter à faire amende honorable. En combattant la pègre parisienne en échange d'une lettre de grâces que Fouché, ministre de la Justice, se fit un plaisir de lui refuser. À tort, car Vidocq l'obstiné termina chef de la Sureté. Et mourut à...82 ans. Une sorte de mixe de Jean Valjean et d'Edmond Dantès célébré par Richet.

Ce film, c'était une ambition de longue date ?

Jean-François Richet : C’était un rêve, car, passionné d’histoire, en particulier la Révolution et l’Empire, j’aspirais à filmer un personnage qui ait traversé les classes sociales. À savoir le monde ouvrier, la voyoucratie et les splendeurs de l’Empire. Un personnage qui fait le grand écart.

Donc rien à voir avec la série télé où Claude Brasseur incarnait Vidocq ?

Richet : J’ai aimé le côté picaresque de son jeu, mais mon objectif était autre. Je voulais revenir à l’esprit des « Mémoires » de Vidocq où on apprend notamment qu’il s’évada 27 fois et combattit à Valmy et Jemmapes. À Valmy, on gagna sans trop d’efforts militaires, mais Jemmapes fut une tuerie. Bref, une période troublée engendrant un destin incroyable.

Vidocq quémande sa lettre de grâces à Fouché sans jamais le supplier. Ce qui le rend assez touchant.

Vincent Cassel : Touchant ? Oui, je suis assez d’accord. Car c’est un homme en quête de justice doté d’une énergie débordante. Comme il avait de multiples conquêtes, il n’arrêtait pas de se battre. Donc un gars un peu compliqué à gérer qui se mettait souvent dans l’embarras. S’ensuit un arc de vie complètement fou.

Ce bourreau des cœurs semble avoir eu un faible pour une certaine Annette.

Richet : Il fut en effet très amoureux d’Annette qui n’eut pas une fin aussi tragique que dans le film. Vous savez, même les coureurs de jupons s’arrêtent parfois sur certaines...

Cassel : Son histoire avec Annette et importante et intéressante, car c’est le seul moment de chaleur du personnage qui est profondément seul. Sa solitude est pour moi l’élément déterminant du personnage. 

Que représente le budget d’un tel film ?

Richet : Entre 20 et 25 millions. Avec ça nous avons construit tout un quartier de Paris de l’époque à Brétigny. On a trouvé et posé d’authentiques pavés datant de l’Empire. Et construit rez-de-chaussée et premier étage en dur. Une façon d’être complètement en immersion dans le Paris de 1809.

Vous avez pris 15 kg pour le film, mais la mode de l’époque affine la silhouette : redingote, haut de forme. Moins commode peut-être pour les bagarres ?

Cassel : Comment faisaient-ils pour se battre avec ça ? Je crois qu’ils étaient sans doute moins douillets que nous. J’étais tombé sur une technique de combat russe qui s’appelle le Systéma. Moins réaliste, mais plus efficace. Car on voulait quelque chose de crédible pour l’époque, mais moins vu que le kung-fu.

Parmi vos brillants partenaires, qui vous a étonné ?

Cassel : Sur le tournage, comme j’étais là tout le temps, je me sentais un peu comme le taulier d’un restaurant. J’avais le devoir de les mettre à l’aise en passant un bon moment avec eux. Qui m’a étonné ? Ils sont tous magnifiques, mais quand je regarde le film, disons que celui que je voyais le moins venir, mais que je trouve très efficace dans le film, c’est Denis Ménochet. Il est encore mieux que ce que j’aurais imaginé.  


Recueilli par FIONA  FRANCHI         

Sortie du film : 19 décembre

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