décembre 11, 2018

Rencontre avec l’équipe du film « Lola et ses frères » 

José Garcia, Ludivine Sagnier, Jean-Paul Rouve / UGC 

Résumé du film : Avocate spécialisée dans les divorces, Lola a deux frères. Benoit, opticien qui se marie pour la 3e fois. Et Pierre, entrepreneur divorcé, forcément en retard au remariage de l’ainé. Ambiance.


Après la Bourgogne de Cédric Klapisch (« Ce qui nous lie »), voici l’Angoûmois de Jean-Paul Rouve. Thème commun : la fratrie. Celle que la plus obstinée des trois s’efforce ici de réunir quand les parents ont disparu. Un trio dont les scénaristes, Rouve et David Foenkinos, ont soigné les répliques. Et qui accueille à sa table deux nouveaux membres. Ramzy Bédia, amoureux de Lola (Ludivine Sagnier). Et Pauline Clément, diaphane épouse de Benoit (JP Rouve). Sans oublier une divine revenante, Philippine Leroy-Beaulieu, l’ex de Pierre (José Garcia).

José Garcia et vous-même êtes fils uniques. Ce film sur la fratrie, est-il né d’un manque ?

Jean-Paul Rouve : On ne peut pas manquer de ce qu’on n’a pas connu. Donc pas de manque. Motif : oncles, tantes et cousins ont sans doute comblé ça.

José Garcia : Moi j’ai eu la chance d’être mêlé à d’autres enfants à un moment précis de ma vie. Une sorte de fratrie d’emprunt si vous voulez. Un peu comme les sacoches d’une mobylette : quand vous les voulez, vous les mettez. Sinon, vous les roulez.

Votre film tombe pile dans une dramatique actualité. Car la première image est un immeuble qui s’effondre. Ce qui accélère la vétusté d’immeubles adjacents.

Garcia : N’avoir pas prévu l’onde-choc de l’immeuble effondré sur les autres est en effet une faute professionnelle grave. Car il aurait fallu les évacuer préalablement. Notamment cette vieille dame à qui il rend visite et dont il se sent coupable. La première fissure de mon personnage correspond à celle qu’il crée dans un immeuble. Fissure personnelle qui s’agrandit et le dévore. Ce qui est très intéressant à jouer.

Pourquoi Angoulême comme cadre du film ?

Rouve : parce que je viens moi-même de province (Dunkerque). Je voulais donc une ville moyenne, pas au bord de la mer et que l’on ne sait trop où situer. Je voulais aussi des points géographiques cohérents.

Ces trois adultes ont un rituel touchant : se retrouver régulièrement devant la tombe de leurs parents pour y commenter leur quotidien.

Rouve : C’est ça. Ce qui nous amusait c’était de nous dire : ils vont au cimetière comme s’ils allaient déjeuner chez leurs parents le dimanche. Tout ça pimenté de pudeur, car ils n’osent pas tout se dire entre eux. Alors, ils le disent à la tombe. D’ailleurs, dans le film, quand les gens se confient quelque chose d’important, ce n’est jamais face à face. Toujours, côte à côte. Nous sommes nombreux à faire ça.

Vous dites que l’être humain, à quelques exceptions près, est fondamentalement sauvable. À quelles exceptions ?

Rouve : J’ai une vision assez positive de la nature humaine. Et de ce que les hommes font de leur nature. L’être humain a un bon fond même si parfois il l’utilise mal. On fait plein d’erreurs, on se débat avec tout ce qu’il faut gérer au quotidien, mais finalement on fait tous ce qu’on peut.

Où avez-vous repéré l’étonnante Pauline Clément qui joue votre épouse ?

Rouve : Je l’avais vue au Français et dans une scène avec Bacri dans « Le sens de la fête » de Nakache et Tolédano. Son rôle ici est très difficile, car on a du mal à se prononcer sur son cas : un peu nunuche, voire gourde, un peu machiavélique, voire raciste, mais on ne lui en veut pas trop. Évidemment elle n’est pas comme ça dans la vie, mais ce qu’elle compose ici c’est très, très fin. 


Recueilli par Fiona Franchi     
ICI-C-NANCY.FR           

Sortie du film : 28 novembre

 

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