juin 18, 2019

Rencontre avec Gilles Lellouche, réalisateur du « GRAND BAIN »

Jean-Hugues Anglade, Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoit Poelvoorde, Philippe Katerine, Balasingham Thamalchelvan et Alban Ivanov

 


Au terme de sa victorieuse campagne de Russie, Didier Deschamps avait lâché dans un micro : « Sans un collectif soudé, joueurs-entraineurs, nous n’y serions pas arrivés ». Eh bien, c’est cette recette qu’applique Gilles Lellouche dans son premier film en solo. Faire d’un groupe improbable, une équipe de vainqueurs. Grâce à un casting trois étoiles. Un scénario qui ne laisse personne à la traine. Et la « niaque » d’un réalisateur qui a bossé comme un fou pour fignoler ce bijou. Alors plongez ! C’est un ordre.   

 
A UGC Ludres après la projection de votre film, la salle vous a bombardé de questions. Mais n’a pas posé la plus basique : vous-même, quel nageur êtes-vous ?

Gilles Lellouche : Je suis un nageur autodidacte, car j’ai appris à nager tout seul. Donc je nage un peu n’importe comment. C’est à dire moyennement bien.

Et dans l’équipe, le meilleur, c’était Benoit Poelvoorde paraît-il ?

G.L : Côté nage, trois acteurs se distinguaient un peu des autres. Benoit Poelvoorde, excellent nageur que l’on voit d’ailleurs exécuter un crawl parfait. En second, Guillaume Canet car il est très sportif et que c’est un faillot. Et en troisième, Mathieu Amalric qui est très volontaire, déterminé et appliqué.

La première partie du film est un peu sombre. Car c’est un groupe d’éclopés de la vie.

G.L : Cette première partie est inhérente au film. Car sans cette exposition un peu âpre des personnages, on n’aurait qu’un film de compétition basique. Mais, comme de ce petit groupe va naitre une sorte d’euphorie, celle-ci ne peut exister qu’en fonction de ce qui précède.

Vous cumulez les difficultés sur ce film. Tournage dans une piscine avec caisse de résonance maximum. Sept acteurs chevronnés d’où dialogues équivalents. Et en plus, pour eux, six mois d’entrainement. D’où question : n’êtes-vous pas un peu masochiste ?

G.L : Si. Quel plaisir de les voir souffrir, suer, galérer…Non, honnêtement : je n’imaginais pas que mes acteurs allaient s’entrainer autant. Car je n’y connais rien en nage synchronisée. C’est seulement quand j’ai rencontré Julie Fabre, cette entraineuse remarquable, que j’ai réalisé. Mais quand elle m’a dit : « Je ne suis pas sûre d’y arriver avec eux », alors là j’ai angoissé. Et puis la grâce est venue d’eux. Ils ont été hyper volontaires, impliqués et une intimité s’est créée.

Un mot sur vos têtes d’affiche qui ont barboté ensemble ?

G.L : Déjà au Cours Florent, j’étais fan de Mathieu Amalric, car son jeu transpire l’intelligence. J’ai donc pensé d’emblée à lui pour jouer Bertrand, car Mathieu on a souvent l’impression qu’il est dépressif et en même temps bourré d’énergie. Un mélange de perdition et de total contrôle. Il m’a dit oui sans lire le scénario.

Pourquoi dites-vous que Benoit Poelvoorde, c’est « le » génie absolu ?

G.L : Parce qu’il a la grâce. Il électrise tout. Il me touche et me bouleverse. Je trouve l’acteur génial et l’être humain incroyable. Il ne veut pas que les moments soient normaux. Il fait en sorte que tout soit sublime. Alors, Il donne tout le temps aux autres. C’est l’antithèse de l’égocentrique.

Côté femmes, vous avez offert à Marina Foïs un superbe rôle d’épouse solidaire.

G.L : Je voulais en effet que dans mon film, les femmes soient les meilleures alliées des hommes. Leurs associées, leurs amies et leurs soutiens profonds. Je voulais faire un film avec des hommes un peu affaiblis et des femmes très fortes. Car les femmes qui m’entourent sont fortes et j’en bénéficie. D’autre part, je suis admiratif de ces couples amoureux qui ont leur façon de fonctionner, leurs mots à eux. Je trouve ça très gracieux, assez rare et pas très exploité au cinéma. En fait, c’est mon idée de l’amour absolu.  

 


Recueilli par Fiona Franchi

Sortie du film : 24 octobre

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