novembre 21, 2018

Rencontre avec l’équipe du film « Mademoiselle De Joncquières »

 Cécile de France, Edouard Baer / Copyright Pyramide Distribution Cécile de France, Edouard Baer / Copyright Pyramide Distribution

Résumé du film : Délaissée par le marquis des Arcis, Mme de la Pommeraye, veuve blessée, décide de lui faire payer ce désamour. Avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère.


Emmanuel  Mouret qui sait si bien tricoter les intrigues amoureuses s'inspire cette fois de « Jacques le Fataliste » de Diderot pour narrer les effets dévastateurs d'une vengeance féminine. Machination diabolique qui a la beauté d'un château XVIIIe pour décor, le talent d'un costumier inspiré pour les toilettes et la diction de comédiens brillants pour enflammer le texte. Écoutons-les.

Comment définiriez-vous votre personnage, ce marquis des Arcis qui séduit en multipliant les cadeaux somptueux ?

Edouard Baer : Comme un homme qui pense qu’on peut acheter ce qu’on aime. Quelqu’un qui se dit « Il me la faut » et ne pose aucune limite à ses plaisirs. La haine et l’amour étant des sentiments très proches, il ne résistera cependant pas à la force de caractère de Mademoiselle de Joncquières.

N’avez vous pas vécu au 18e une partie de votre vie car vous êtes si à l’aise avec cette langue superbe ?

E.B. : Ça, c’est tout le talent d’Emmanuel Mouret qui a réinventé cette langue tout en respectant le phrasé. Mais vous avez raison : se mettre ça en bouche fut un gros travail. Je m’y suis mis lors d’une thalasso en demandant à un ami de me faire réciter. Car il fallait que les mots coulent avec aisance.

Edouard Baer vous a t-il surpris en maniant la langue du 18e avec autant d’aisance ?

Emmanuel Mouret : Pas du tout. Parce qu’Edouard Baer a, presque naturellement, l’aspect d’un marquis. Et utilise au quotidien un langage précieux avec un naturel confondant.

Que de difficultés cependant pour vous ! Quatre rôles féminins importants, une langue châtiée, un château d’époque et un costumier à trouver…

E.M. : Être cinéaste, c’est choisir des difficultés et les résoudre. Car ce sont autant de motivations stimulantes. Côté personnages, Diderot, comme Laclos dans « Les liaisons dangereuses », met en avant un personnage féminin exceptionnel. Cette marquise de la Pommeraye qui est diabolique, mais intelligente et rayonnante.

La machination qu’elle ourdit n’est-ce pas le meilleur moyen d’oublier sa douleur ?

E.M. : Je le pense aussi. Elle fait ça par blessure amoureuse. On ne l’excuse pas, mais, quelque part, on la comprend. Même si sa vengeance est terrible.

Pour quel personnage avez-vous le plus d’estime ?

E.M. : Je ne porte de jugement moral sur aucun d’eux. Le pardon du marquis est magnifique. Et la droiture morale de cette jeune prostituée en fait sans doute le personnage le plus vertueux. Mais j’ai une réelle fascination pour la marquise. Car elle va jusqu’au bout.

Bonjour Mme la marquise ! Que de toilettes superbes dans ce film !

Cécile de France : Oui et j’en rêvais depuis toute petite. Tout a été fait sur mesures et en fonction de ma carnation. Le travail de maître de Pierre-Jean Larroque.

L’ultime réplique de la marquise c’est : « Je suis en paix ». La croyez-vous sincère ?

-C. de F. : Non, bien sûr que non. C’est une femme vaincue, car emprisonnée dans sa machination.


Recueilli par Fiona Franchi Sortie du film : 12 septembre                                            

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