août 20, 2019

Rencontre avec Daniel Auteuil, réalisateur du film « Amoureux de ma Femme »

Daniel Auteuil, Sandrine Kiberlain, Adriana Uguarte et Gérard Depardieu  / Copyright Sony Pictures Releasing France

Résumé du film : Un couple invite à diner l’ami du mari et sa sensuelle compagne. D’où jalousie de l’épouse et tentation du mari. Un quatuor explosif entre joutes verbales et désirs rêvés. 


Après avoir mis en scène et joué au théâtre cette pièce de Florian Zeller, Daniel Auteuil récidive au cinéma. En révélant l’atout majeur de ce film : l’éblouissante espagnole Adriana Ugarte. Une actrice bien partie pour détrôner dans nos cœurs sa consoeur, Pénélope Cruz. Rencontré lors de l’avant-première de ce film au Kinépolis de Nancy, Daniel Auteuil partage évidemment cet avis.


Il paraît que vous avez des souvenirs nancéiens très précis, datant de votre enfance. Vrai ?

Daniel Auteuil : Absolument. Mes parents étant chanteurs lyriques à l’opéra, je les accompagnais souvent en tournée. Je changeais ainsi régulièrement d’école. D’où l’un de mes séjours en primaire à l’école Braconnot. Bon souvenir d’ailleurs.

Ce film, qui vous ramène à Nancy, est-ce la copie de la pièce ?

D. A. : Non, c'est une libre adaptation. Mais le principe est le même. A savoir : mettre en avant la pensée. Au théâtre, on procède par apartés. Et au cinéma, par flashes permettant de mélanger réalité et fiction.

Ce film a un point commun avec « Les femmes du 6e étage » de Philippe Le Guay où Luchini quittait sa femme pour une jolie bonne Espagnole. Ici, vous, ne le faites pas.  

D. A. Mon personnage ne le fait qu’en fiction. Il le vit tellement en imagination qu’il a l’impression d’avoir réellement trompé sa femme. Mais ça n’est qu’une velléité. Du domaine du rêve.

Où avez-vous découvert cette superbe Adriana Ugarte ?

D. A. Chez Almodovar qui en avait fait sa « Julietta ». Je la surnomme « ce lumineux objet du désir ». Aussi belle que bonne actrice d’ailleurs. Pas une beauté glacée de magazine. Elle est changeante et c’est formidable.

Compagnon de cette beauté : Gérard Depardieu. Donc votre troisième film ensemble.

D. A. Non le quatrième. Car précédemment, nous avons fait « Jean de Florette », « Le placard » et « 36 ».

Est-ce qu’on dirige Gérard Depardieu ?

D. A. Non. On lui donne simplement la note, le tempo et il assume la suite. Ça lui faisait plaisir de rejouer ensemble. Et les deux actrices aussi. Je leur disais : « Bon, on va jouer en sol ». Et ça partait.

Après quatre films, qu’avez-vous appris de l’homme et de l’acteur Depardieu ?

D. A. Rien qu’on ne sache déjà de l’extrême générosité de l’homme et de son jeu. Il a tout donné au cinéma. Tout. Il s’y est même brûlé. Il apporte ce que j’aime, mais que les acteurs n’apportent plus : une forme de stylisation dans le jeu. L’atout de ces acteurs à longue carrière étant d’être toujours aussi présent.

Le César de l’Espoir décerné à Camélia Jordana, votre partenaire du « Brio » vous a surpris ?

D. A. Pas du tout. C’était ô combien, mérité. J’étais donc très content pour elle.

Quels autres acteurs vous ont étonné l’an dernier ?

D. A. L’acteur principal (Claes Bang) de “The Square”, film palmé l’an dernier. Et aussi Albert Dupontel et Nahuel Perez Biscayart dans “Au revoir là-haut”. Tous deux m’ont ému.

Dans quel film nous reverrons vous ?

D. A. Dans “Rémi sans famille” d’Antoine Blossier, qui sortira fin septembre. Une nouvelle adaptation du roman d’Hector Malot où je joue le vieux Vitalis. Eh oui, j’ai l’âge…   


Recueilli par Fiona FRANCHI

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