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Rencontre avec le réalisateur du film « L’échange des Princesses » de Marc Dugain

  • Écrit par Fiona FRANCHI
  • Publié dans CINEMA
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Légende : Igor van Dessel (Louis XV) et Catherine Mouchet (Mme de Ventadour)

Résumé du film : 1721. Après 13 années de guerre entre France et Espagne, le régent, Philippe d’Orléans organise un double mariage. Entre Louis XV, 11 ans et l’infante Maria Victoria, 4 ans. Ainsi qu’entre sa fille, Louise Élisabeth, 12 ans et Don Luis, 15 ans, l’héritier espagnol. L’échange a lieu en 1722.


Marc Dugain aime l’histoire. Et l’a prouvé dans deux livres : « La chambre des officiers » et son actuel best-seller « Ils vont tuer Robert Kennedy ». Mais ici, c’est lui qui adapte l’ouvrage de Chantal Thomas, « L’échange des princesses » (2013). L’histoire de deux petites Bourbons sacrifiées aux impératifs monarchiques. Passionnante saga dotée d’un casting extra et d’images somptueuses signées Gilles Porte. 

Pourquoi dites-vous que ce film était « effrayant à faire » ?

Marc Dugain. : Parce qu’il a coûté 7 millions et que ce n’était intéressant que s’il y avait un véritable enjeu visuel. Une préoccupation esthétique. D’où mon extrême exigence côté costumes entièrement refaits d’après livres et tableaux par un costumier italien réputé, Fabio Perrone, car tous les costumes d’époque ont brûlé. Ensuite une restitution des couleurs, en décors naturels, la plus proche de la réalité.

Quels éléments déterminants vous avaient décidé à tenter l’aventure ?

M.D. : D’abord l’écriture de Chantal Thomas qui est déjà une mise en scène de l’époque. Ensuite ce rapport aux enfants. Cette façon de les manipuler en les considérant comme des objets.

Le sort des princesses, n’était en effet pour leurs ainés, que de « la viande à marier ».

M.D. : Car la monarchie était un système tribal. La tribu des Bourbons, des Orléans, des Condé. Chacune vivant dans l’obsession de la pérennité de son nom. Et de sa part du gâteau dans la monarchie européenne. Ce qui va conduire à des croisements aboutissant à leur perte.  

Mme de Ventadour et la Palatine sont les seules personnes à témoigner un peu d’affection aux princesses expatriées.

M.D. : Ex-maitresse du maréchal de Villeroy, Mme de Ventadour s’est beaucoup occupée de l’infante. Quant à la Palatine, belle-sœur de Louis XIV, son attitude est étonnante, car elle était très dure avec ses propres enfants et petits enfants. Mais elle s’est prise d’affection pour cette infante, comme elle princesse étrangère, d’abord fêtée à la Cour puis mise de côté.  

L’ouvrage de Chantal Thomas et votre film prouvent que le18è siècle reste à découvrir.

M.D. : Le décalage entre l’histoire officielle et l’histoire réelle est en effet très intéressant. Ici c’est une façon de restaurer des pans d’histoire passés inaperçus. Un peu comme une vieille pellicule. Et de montrer aux jeunes ce qu’était vraiment le 18e. D’où l’intérêt de s’attaquer à des histoires comme ça.

Votre casting enfants est très réussi. Avec mentions aux interprètes de Louis XV, Condé et Don Luis.

M.D. : Le plus connu est Thomas Mustin, jeune rocker belge qui joue Condé. Igor van Dessel (Louis XV) est hyper concentré et capable de rectifier un détail dans la seconde. Craquante aussi Julianne Lepoureau (l’infante), toujours contente, jamais fatiguée et dotée d’une grande intelligence de son texte.

Prochain film : l’adaptation de l’un de vos romans cette fois ?

M.D. : Oui, le dernier « Ils vont tuer Robert Kennedy » que je vais adapter en janvier puis tournerai en anglais au Canada à Vancouver. Avec Michaël Shannon que j’ai rencontré à Deauville. Il ne s’agira pas d’un biopic, mais plutôt du complot contre lui.                         

 Fiona FRANCHI 

Film : 1 h 40. Sortie : 27 décembre