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Cinéma : « PETIT PAYSAN » de HUBERT CHARUEL

  • Écrit par Fiona FRANCHI
  • Publié dans CINEMA
Cinéma. Rencontre avec l’équipe du film «PETIT PAYSAN» de HUBERT CHARUEL 
PetitPaysan
Swann Arlaud dans Petit Paysan

Fils unique, Hubert Charuel aurait dû reprendre la ferme de ses parents, proche de St Dizier. Mais il a préféré son rêve : devenir cinéaste. D’où ce premier film, hommage au métier familial. Film qui sonne juste grâce à la performance d’un jeune acteur qui étincelle : Swann Arlaud. César en vue ? 

A qui aviez vous confié Swann Arlaud pour acquérir ce naturel des gestes quotidiens ?

-Hubert Charuel : A mes cousins qui l’ont soumis à quinze jours de traite. A la fin ils m’ont rappelé pour me dire que c’était le meilleur stagiaire qu’ils aient eu…

-Swann Arlaud : Parce que la traite c’est deux fois par jour, matin et soir. Mais au bout de 3 ou 4 jours, il y a déjà des réflexes qui se mettent en place. Ensuite on a continué ce travail à Droyes, dans la ferme des parents d’Hubert où nous avons tourné.

Après avoir fait ce film, vous sentez vous quitte avec le métier dont vous n’avez pas voulu ?

-H.C. : J’espère en tout cas. Mais c’était effectivement une façon de lui dire au revoir. Et de montrer aussi un métier plus moderne. Avec cette obsession permanente d’un éleveur : la peur pour ses vaches. C’est bien sûr la menace de la maladie qui amène ça. L’élevage laitier, c’est un métier de dévotion.

Cette épidémie, dont on voit un aspect dans le film, avait frappé votre entourage ?

-H.C. : En fait, j’ai grandi pendant cette période de vaches folles et de fièvre aphteuse qui faisait super peur. Ça a choqué beaucoup de gens car on ignorait ce que c’était. Dans le film, c’est une maladie fictive avec des symptômes de maladies bovines existantes. Car des animaux qui saignent du dos, ça existe chez les veaux mais ça se soigne.

Du coup, le film bascule dans la dramaturgie.

-H.C. : On voulait en effet qu’il y ait un glissement dans le film. Partir d’un univers solaire pour que la maladie arrive dans cet univers là. Tout en jouant avec les différents codes en y ramenant du suspense mais aussi un peu de comédie. Avec des scènes au bowling ou au restaurant avec la boulangère pour raconter autre chose sur ce monde là.

Donc l’amour n’est pas toujours dans le pré…

-H.C. : Eh non, il est aussi dans les boulangeries…

Swann, je me trompe ou vous avez craqué pour ce petit veau prénommé biniou ?

-S.A. : C’est vrai, oui. Il était très mignon, un peu lourd certes car c’est déjà grand un veau nouveau né. Mais c’était notre chouchou, il avait son petit box, on allait le voir. Aujourd’hui, quand je revois la scène de vélage, je pleure car c’est assez émouvant.

Sarah, avez-vous appris les bons gestes auprès d’un vétérinaire ?

-Sarah Giraudeau : Oui, le vétérinaire de la famille d’Hubert. Il m’a appris les gestes techniques et je l’ai bien observé pour choper ce qu’il ne pouvait m’apprendre : les attitudes et les gestes naturels.

La dernière scène montre l’éleveur de dos, sans ses vaches. Comment l’interprétez-vous ?

-Sarah : Comme une acceptation après avoir été dans la résistance tout le film

-H.C. : La victoire de Pierre c’est de tenir debout. Ça a l’air d’aller même s’il a beaucoup de cicatrices intérieures.  


Propos recueillis par Fiona FRANCHI

         

Le Pitch du Film :  Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Autour de lui, gravitent ses parents dont il a repris la ferme et sa sœur vétérinaire. Problème : alors qu’une épidémie inconnue se déclare en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Objectif désormais : tout faire pour sauver son cheptel.

(Sortie de "Petit Paysan" : 30 août)